mardi 27 septembre 2016

Où es tu Jacques ?

Jacques LESECQ est né le 2 février 1787 à Échalou (Orne).

Il épouse Marie, Madeleine HESNARD le 23 décembre 1808 à Échalou.



De cette union, naîtront 9 enfants.
Mon ancêtre Marie, Joséphine est la dernière de la fratrie et naît le 7 décembre 1824. A sa naissance, son père est décédé.

Sur les actes de mariage de ses filles à Échalou dans les années 1840, Jacques LESECQ est dit décédé le 26 septembre 1824 à Messei (commune voisine d'Échalou). Sur ces actes de mariage, il est aussi précisé que l'acte de décès est présenté, ce qui, a priori, laisse peu de place au doute quand à la véracité sur les date et lieu de décès de Jacques.

Seulement voilà, le décès de Jacques LESECQ est introuvable dans les registres de Messei !!
Tout comme il est introuvable dans les communes alentour !



Alors, s'agit-il d'un oubli dans le registre ?
L'acte de décès présenté aux mariages des filles est-il faux ?


Voilà un mystère qu'il faudra résoudre en essayant d'explorer d'autres documents que les registres d'état civil...

mercredi 14 septembre 2016

Marie ?

J'ai déjà rencontré au sein d'une même fratrie plusieurs enfants portant le même prénom.

Ainsi mon arrière-grand-mère et ses 2 sœurs avaient toutes les 3 « Marie » en premier prénom à l'état civil. Usuellement, elles étaient appelées par leur second prénom : Augustine, Céline et Claire.

Mais je viens de rencontrer une famille dans laquelle tous les enfants (à part le premier), y compris les garçons, portent en premier à l'état civil le prénom de « Marie ». Et 3 des filles ont « Joséphine » pour deuxième prénom. Est-ce une dévotion particulière à la mère de famille ? Ou alors un manque cruel d'imagination ?

Jean GRAINDORGE et Marie, Joséphine LESECQ s'unissent le 22 février 1848 à Échalou dans l'Orne.
Sur le registre, la mariée signe « J. Lesecq ».

Entre 1849 et 1867, naîtront 9 enfants :
- Jean, Auguste : il signe « Auguste »
- Marie, Joséphine
- Marie, Pierre, Paul
- Marie, Mélanie, Frazie (déformation de Euphrasie ??)
- Marie, François, Arsène
- Marie, Joséphine, Eugénie
- Marie, Irénée, Adolphe : 2 prénoms féminins mais c'est bien un garçon, il signe « Adolphe »
- Marie, Isidore, Almire (un garçon)
- Marie, Joséphine, Léontine (mon ancêtre qui signe « Léontine »).

Que de Marie!! 

samedi 9 juillet 2016

Exploiter et croiser les ressources ou l'histoire d'un Leplanois

Je connais Myriam virtuellement depuis quelques années, on est « cousines » : son grand-père était le frère de mon arrière-arrière-grand-mère.
Puis l'autre jour Myriam m'envoie un message et me dit, en résumé : « Je ne connais rien de mon grand-père, Pierre Alcide LEPLANOIS, en sais-tu plus ? »

Je regarde mes notes : pour lui, je n'ai que ses date et lieu de naissance et ses date et lieu de décès indiqués en mention marginale sur son acte de naissance. Maigre....

Mais je ne pouvais me contenter de dire ça à Myriam, elle avait piqué ma curiosité et je voulais en savoir plus moi aussi !

Premier réflexe : internet. Je fais une recherche et je le retrouve sur Geneanet : mon Pierre Alcide est là , il y est fait mention d'une épouse, mais pas de date ni de lieu de mariage. Il y a aussi 5 enfants mais seulement deux sont associés à des dates et lieux de naissance.

J'ai alors l'idée d'aller consulter la fiche matricule de Pierre Alcide : il y est indiqué 3 adresses différentes dont la dernière correspond au lieu de naissance des enfants indiqué sur Geneanet. Sa résidence au moment du recensement militaire indiquée sur sa fiche me donne une adresse supplémentaire.

J'ai donc pour l'instant 4 lieux, je vais commencer par consulter les recensements.
Je vais débuter par le dernier, mentionné à la fois sur la fiche matricule et Geneanet. Et bingo, je trouve Alcide (c'est ainsi qu'il est nommé sur les recensements et qu'il signe les actes) et sa famille et cerise sur le gâteau, les années et lieux de naissances des enfants sont indiqués : j'ai donc un cinquième lieu !

Et je vais ainsi pister Alcide, sa femme et ses enfants dans les recensements des différentes communes mentionnées, jusqu'à celui où il n'y a pas encore d'enfants et un plus ancien, là où il vivait au moment de son recensement militaire.

Je passe alors à une ressource plus classique : l'état civil de la commune où Alcide et sa femme sont jeune couple sans enfant et bingo (oui, j'aime bien ce mot ;) ), je trouve le mariage !

Dans cette commune, je vais aussi trouver les naissances des 3 premiers enfants.

J'ai ainsi retracé les différents lieux de vie de Pierre Alcide depuis 1886 jusque 1911, ensuite les documents ne sont pas encore en ligne.

Voici donc le petit résumé de la vie d'Alcide que j'ai pu réaliser en quelques heures de recherche.


Pierre Alcide LEPLANOIS voit le jour le vendredi 12 juillet 1867 à 23h à Ségrie-Fontaine dans l'Orne au village de la Bagotière.
Il est le fils légitime de Pierre, Auguste LEPLANOIS, tailleur de pierre, âgé de 37 ans et de Modeste, Aline MALHÈRE, tisserande, âgée de 42 ans.
À sa naissance, il a pour frères et sœurs : Alexandre, Adrien (né en 1853), Léontine, Florentine (née en 1859, mon arrière-arrière-grand-mère), Paul, Modeste (né en 1862), Constant, Ulysse (né en 1865). Il restera le dernier de sa fratrie.

En 1886, à 19 ans, il est domestique dans le Calvados aux Moutiers en Auge, village des Grands Moutiers, chez une agricultrice, veuve de 33 ans, vivant avec son jeune fils de 6 ans.

En 1887, Alcide a 20 ans et c'est l'heure pour lui de la conscription. Courant janvier ou février 1888, il participe au tirage au sort qui lui attribue le n°100 dans le canton d'Athis. Le conseil de révision a lieu dans les mois qui suivent. Son numéro de matricule de recrutement est le 60.
Il a les cheveux et sourcils châtains clairs, les yeux bleus, un front ordinaire, le menton rond et le visage ovale, il mesure 1m55.
Son degré d'instruction indique qu'il sait lire et écrire.
Il ne fait pas de service actif, il est classé dans les services auxiliaires pour cause « d'incurvation du pouce de la main gauche ».

En 1889, il arrive à Montreuil-la-Cambe dans l'Orne en tant que domestique.

Il se marie le vendredi 22 août 1890 à 19h à Montreuil-la-Cambe avec Pauline, Émilienne ROBINE, la fille légitime de Louis, Théophile ROBINE et de Marie, Virginie MOULIN.

Émilienne est née le 28 juin 1872 à Nouainville dans la Manche et sa mère est décédée 2 ans auparavant, le 11 septembre 1888, à Montreuil-la-Cambe à l'âge de 51 ans. Elle est née en 1837 à Sainte-Foy-de-Montgommery dans le Calvados.

La mère d'Alcide, Modeste meurt le 24 décembre 1890 à 21h à l'âge de 66 ans, il est âgé de 23 ans.

Au recensement de 1891, il a 24 ans et il est installé avec sa jeune femme, Émilienne, âgée de 19 ans au village de La Tantinière à Montreuil-la-Cambe. Alcide est journalier cultivateur.

Le 22 juin 1891 à 9h naît le premier enfant du jeune couple, un garçon : Paul, Louis, Auguste.

Leur deuxième fils, Georges, Émile, René naît le 22 août 1892 à 3h mais un mois plus tard, le 28 septembre 1892, à 21h ce dernier décède et c'est Alcide qui en déclare le décès à la mairie.

Au recensement effectué en 1896 à Montreuil-la-Cambe, Alcide habite le village « Le Bois Cité » avec sa femme et son fils Paul âgé de 4 ans. Alcide est agriculteur fermier.

Le 20 juillet 1899, Émilienne perd son père, il est né en 1840 à Habloville dans l'Orne.

Le 13 septembre 1899 à 1h naît une fille Virginie, Hélène, Suzanne.

En 1901, Alcide a 33 ans et est installé à Bellou dans le Calvados au village « Les Vallées ».
Il est cultivateur. Il vit avec sa femme âgée de 28 ans, son fils Paul âgé de 9 ans et la petite Hélène âgée d'un peu plus de 1 an. L'oncle maternel d’Émilienne, Pierre MOULIN âgé de 66 ans vit avec eux.

Le 29 mai 1903 à 10h naît une fille Germaine, Juliette, Marcelle .

Alcide figure dans le recensement effectué en 1906 à Bellou. Il habite toujours le village «  Les Vallées » avec sa femme, ses enfants Paul, Hélène et Germaine et l'oncle d’Émilienne.

Entre 1906 et 1910, la famille déménage à Camembert dans l'Orne et le 20 novembre 1910 y naît une fille Renée, Jeanne, Suzanne.

Au recensement effectué en 1911 à Camembert, Alcide est domicilié au village « La Foucaudière » avec sa femme et ses 4 enfants Paul, Hélène, Germaine et Renée. Ils hébergent deux domestiques agricoles dont Céline POTTIER, la nièce d'Alcide et sœur de mon arrière-grand-mère.

Le 23 juillet 1913, Alcide est âgé de 46 ans et son dernier fils René, Georges, le papa de Myriam, vient au monde.

Le 17 février 1928 à 8h30 son épouse Émilienne meurt, Alcide est âgé de 60 ans.

Alcide LEPLANOIS est décédé le jeudi 24 octobre 1946, à l'âge de 79 ans, à Vimoutiers.

La carte des lieux de vie de Alcide :
1 – Ségrie-Fontaine, village de la Bagotière (naissance 1867)
2 – Les Moutiers en Auge – village Les Grands Moutiers (recensement 1886)
3 – Montreuil-la-Cambe – village La Tantinière (recensement 1891)
4 – Montreuil-la-Cambe – village Le Bois Cité (recensement 1896)
5 – Bellou – village Les Vallées (recensements 1901 et 1906)
6 – Camembert – ferme de la Foucaudière (recensement 1911)
7 – Vimoutiers (décès 1946)

Carte extraite du site géoportail

vendredi 1 juillet 2016

L'histoire familiale... et la réalité !

Comme je le disais dans l'article « comment débuter », il faut parfois se méfier de « l'histoire familiale » telle que racontée par les anciens et s'appliquer à toujours vérifier ses sources.

Pour débuter, un peu de géographie pour situer les lieux de « l'intrigue ».

Mon arrière-grand-père Jean LABAUNE (dont je vous avais parlé dans cet article) est originaire de Issy-L’Évêque, dans le département de la Sâone-et-Loire, en région Bourgogne. Au début de XXe siècle, la commune compte un peu plus de 2000 habitants.
Extrait du site Géoportail


La Carneille, là où il s'est installé après son mariage est une commune du département de l'Orne en Normandie et compte 802 habitants en 1911. C'est sur cette commune que se situe le Château du Bois-André dans lequel il est censé avoir été garde-particulier.
Extrait du site Géoportail

Les 2 communes sont distantes d'environ 450km.

On m'a toujours dit que c'est mon arrière-grand-père, Jean LABAUNE  qui était venu de Bourgogne en Normandie en tant que garde particulier.
D'après ce que ma grand-mère m'avait raconté, ses parents étaient restés en Bourgogne et Jean n'était retourné là-bas que pour les enterrer.
C'est aussi la version de laquelle se souvient mon père.

Or, sur l'acte de mariage de Jean en décembre 1911, ses parents, André LABAUNE et Marie ROY sont dits « domiciliés à La Carneille ».

Extrait de l'acte de mariage de Jean Labaune le 2 décembre 1911



Je suis donc allée consulter les recensements de La Carneille en 1911 et j'ai trouvé ça :

Extrait du recensement de La Carneille en 1911


Surprise ! Au Bois-André, lieu-dit du fameux château,  vivaient donc André et Marie, les parents de Jean et 2 de leurs fils, les 2 plus jeunes frères de mon arrière-grand-père : Louis-Henri né le 26 mai 1891 et Jean-Claude né le 15 août 1892. Mais aucune trace de mon arrière-grand-père !

Le mystère s'épaississait d'un coup : ce serait donc le père de mon arrière-grand-père qui était garde-particulier et qui s'était installé en Normandie avec sa femme et leurs deux plus jeunes enfants.
Mais où est donc mon arrière-grand-père alors que sur son acte de mariage en décembre 1911, il est déclaré « domicilié à La Carneille ».

Extrait de l'acte de mariage de Jean Labaune le 2 décembre 1911

Vérifions les dates : le recensement a été dressé en mars 1911 et le mariage date de décembre 1911. Mon arrière-grand-père serait donc arrivé en cours d'année 1911.

Puis j'ai eu l'idée d'aller consulter la fiche matricule de Jean : une partie du brouillard s'est dissipé...

Sur la fiche, j'ai trouvé ça :

Extrait de la fiche matricule de Jean Labaune


Mon arrière-grand-père était donc sous les drapeaux au moment du recensement et s'est installé à La Carneille à sa mise en disponibilité en septembre 1911 comme l'indique sa fiche dans la partie « Localités successives habitées » :

Extrait de la fiche matricule de Jean Labaune

Et au passage, sur sa fiche, j'ai aussi découvert ça :



L'erreur sur le nom ne serait peut-être donc pas dû à l'officier d'état civil au moment du mariage (comme je le disais dans cet article) mais au recruteur militaire, l'officier d'état civil ayant peut-être tout simplement recopié les informations du livret militaire...


A tout hasard, j'ai consulté les recensements d'Issy-L’Évêque, en Bourgogne :
- en 1906, André et Marie vivent avec leur plus jeune fils Jean Claude. Mon arrière-grand-père vit aussi à Issy-L’Évêque, il y est domestique agricole.


Extraits du recensement de Issy-L’Évêque en 1906

- en 1921, André et Marie sont de retour à Issy-L’Évêque .

Extraits du recensement de Issy-L’Évêque en 1921

- en 1926 : ils n'y sont plus, deux possibilités : ils ont déménagés ou ils sont décédés...


Les 2 frères aînés de mon arrière-grand-père se sont mariés en Bourgogne en 1909 et 1910, il faut que j'arrive à me procurer leurs actes de mariages afin de voir où étaient domiciliés André et Marie à ce moment là.

Pour l'instant, je sais donc qu'il sont arrivés à La Carneille entre 1906 et 1911. Et qu'ils sont ensuite reparti, mais quand ? Avant ou après la guerre? Sachant que leur 5 fils étaient mobilisés... (mais ça, j'en parlerai une autre fois!)

Donc reste encore quelques mystères à éclaircir...

lundi 27 juin 2016

Les ressources disponibles en ligne que j'utilise

Les registres

Quand on commence en généalogie, c'est la première ressource à laquelle on s'intéresse.

Depuis 1792 et la révolution, ce sont les registres d'état civil qui recueillent les naissances, mariages et décès des individus. Ces registres sont accompagnés des tables décennales qui recensent par tranche de 10 ans toutes les naissances, mariages et décès. Ces tables facilitent grandement les recherches puisqu'elles évitent la consultation systématique des registres.

Avant 1792, ce sont les registres paroissiaux qui recueillent les baptêmes, mariages et sépultures. Ils étaient tenus par les curés et leur lisibilité peut varier énormément d'une commune à l'autre. Certains écrivaient très bien tandis que d'autres étaient à peine lettrés.
Pour cette époque, point de tables, pas d'autres choix pour retrouver ses ancêtres que la lecture systématique des registres.


La consultation des registres, c'est un peu la base quand on fait de la généalogie mais parfois, on aimerait aller un peu plus loin pour en connaître plus sur la vie de nos ancêtres et là, avec la numérisation progressive des archives, d'autres ressources deviennent accessibles.


Les fiches matricules :

Ces fiches retracent le « service » militaire des hommes, ce service durait une vingtaine d'année. Il y avait une partie de service « actif » sous les drapeaux mais ensuite, les hommes passaient dans la réserve et n'étaient libéré qu'au bout d'une période bien définie.


Cet article vous expliquera mieux que moi les lois de recrutement.

Sur ce lien, il est expliqué ce que contient la fiche matricule et ce qu'on peut espérer y trouver.

Les fiches matricules sont maintenant disponibles sur la plupart des sites d'archives en ligne.

En moyenne (ça varie selon les départements), elles sont disponible depuis la classe 1870 (hommes nés en 1850) aux années 1920 (hommes nés vers 1900). On peut donc espérer y trouver 1 ou 2 génération de nos ancêtres.

J'aime les consulter car cela donne certains détails sur le physique des ancêtres hommes mais aussi sur la vie de ces hommes pendant leur « service » comme les condamnations ou encore les décorations.
On peut aussi y retrouver leur parcours pendant la Première Guerre Mondiale.

Pour approfondir le parcours militaire, notamment au cours de la Première Guerre Mondiale, on peut s’intéresser au site « Mémoire desHommes » qui regorgent d'archives en tout genre.


Les recensements nominatifs de population

Autre ressource désormais disponible en ligne sur la plupart des sites, les recensements listent, par commune, l'ensemble de la population, foyer par foyer.
Cela peut servir pour vérifier si l'ancêtre vivait bien dans la commune et aussi vérifier la composition du foyer.

Par exemple, ne trouvant dans les registres qu'un seul enfant pour un couple, j'ai pu vérifier dans les recensements qu'effectivement, il n'y avait pas eu d'autres enfants et, a contrario, j'ai pu vérifier dans une autre famille qu'il existait des frères et sœurs qui devaient être né ailleurs car je n'avais pas trouvé leur naissance dans la commune de naissance de l'ancêtre.


Il existe d'autres ressources (variables selon les départements) mais pour l'instant, ce sont celles que j'utilise.


Mais depuis que j'ai commencé à écrire ce blog et à réfléchir aux articles que je pourrais y mettre, aux détails que je voulais y incorporer, je découvre de nouvelles sources pour, par exemple, replacer mes ancêtres dans leur contexte historique local ou découvrir en quoi consistait leurs métiers....



Les adresses des sites des archives départementales que je consulte régulièrement :

vendredi 17 juin 2016

Pierre Guérin, sieur de Belenclos : le premier maire

Rendons à César ce qui est à César : si toute la partie généalogique est issue de mes recherches personnelles, une grande partie des infos de cet article (notamment toute la partie « historique ») est issue du numéro spécial du Journal Communal de La Selle La Forge du 14 décembre 1989 édité à l'occasion des 200 ans de la parution du décret qui créait les municipalités le 14 décembre 1789.
Dans ce numéro spécial était publié l'important travail de Fabrice Viel consacré à « Deux siècles d'administration et de vie municipale à La Selle La Forge ».
Je ne sais pas exactement qui est Fabrice Viel mais qu'il en soit remercié !

Pour situer géographiquement, La Selle La Forge est une commune de l'Orne, en Normandie, située au nord-ouest du département à proximité de la ville de Flers. Peuplée d'après le dernier recensement en 2013 de 1 432 habitants, elle en comptait 965 en 1793 et 1 050 en 1800.

Commençons par un rappel historique.

L'article III de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen édictée par les constituants le 26 août 1789 est le premier texte à proclamer la souveraineté nationale et à reconnaître les droits civiques du peuple français. C'est en vertu de cette loi fondamentale qu'on procède régulièrement au renouvellement des conseils municipaux.

Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, il n'existait, dans le cadre de la petite paroisse rurale qu'était La Selle, aucune organisation municipale proprement dite. Les habitants s'assemblaient « en forme de commun et général » sur convocation de leur syndic (agent de la communauté rurale élu par les chefs de famille pour agir au nom de la collectivité et prendre soin de ses intérêts) ou au son de la cloche « à l'issue de la grand'messe paroissiale » ou des « vespres » pour délibérer des affaires de la communauté.

En 1787 , s'opéra une profonde modification de l'organisation administrative des campagnes. Un édit de juin, complété par le règlement du 15 juillet suivant, établissait dans chaque communauté rurale deux sortes d'assemblée :
- une assemblée paroissiale composée de taillables payant au moins 10 livres d'imposition foncière. Les taillables sont les contribuables assujettis au paiement de la taille, impôt direct d'Ancien Régime. Le Clergé et le Noblesse, ordres privilégiés, ne payaient pas cette redevance.
- une assemblée municipale de 6 membres élus parmi les hommes de plus de 25 ans, ayant un an de résidence dans la paroisse et payant au moins 30 livres d'impôt.
Ces assemblées avaient le soin de gérer les intérêts locaux, l'application sur leur territoire des décisions du gouvernement, l'entretien des bâtiments communaux et la répartition et collecte des impôts.
La constitution définitive des municipalités rurales souffrit en général d'un certain retard et ce n'est finalement qu'en mai 1788 que la liste en fut établie pour ce qui concerne La Selle La Forge.

Les circonstances historiques et le contexte politique ne permirent pas à cette institution d'acquérir une maturité ni de procurer les bienfaits que le gouvernement en avait espéré.
La loi du 12 novembre 1789 mit fin à son existence.

Cette loi décidait de la création d'un municipalité dans chaque paroisse qui deviendrait bientôt commune et un décret du 14 décembre suivant en précisait le mode de désignation.

Les élections eurent lieu en janvier-février 1790. A La Selle La Forge, le corps municipal était formé de 5 officiers municipaux et présidé par le maire directement élu par les citoyens actifs.
Étaient électeurs ou « citoyens actifs » les hommes agés de 25 ans ou plus, ayant un an de domicile dans la commune et payant dans la commune une contribution directe de la valeur locale de trois journées de travail.

A l'aube de le Révolution Française, les communautés rurales du Bocage, en quête d'un individu susceptible de les représenter, se tournèrent assez souvent vers leur curé, leur notaire, leur médecin....

Ce ne fut pas le cas à La Selle La Forge.

Pierre Guérin naît le 10 avril 1741 dans la paroisse Saint Sauveur de La Selle. Il appartient à la branche des Guérin « Belenclos ». Il est le fils de François Guérin et de Marguerite Delaunay qui se sont mariés dans la même paroisse le 27 novembre 1738.
Il se marie le 4 mai 1762 à Bellou en Houlme avec Charlotte Leportier. De cet union naîtront 10 enfants.

À la suite de l'édit de 1787, la première municipalité s'organise. Pierre Guérin en est le greffier.

Compte tenu de ses fonctions et de ses compétences, c'est lui qui fut choisi lorsqu'il fallu élire un maire en 1790.

Le premier maire appartient au négoce mais le vocable « marchand » sous lequel il est désigné renseigne fort mal de son activité précise. On peut penser que que son commerce fut en liaison avec la production agricole. Son père, François Guérin « Belenclos » apparaît comme « propriétaire », il était relativement aisé, tenant une certaine puissance socio-économique de l'étendue de la terre qu'il exploitait, de l'emploi qu'il procurait à la masse paysanne et de la possession d'animaux de trait.

Son mandat de maire arrivé à expiration, Pierre Guérin ne reparaît dans la vie publique qu'en 1798. La famille Guérin ayant l'un des siens « aux Chouans », il est possible que sa carrière ait pâti des agissements contre-révolutionnaires de son petit-cousin Jacques Charles Guérin « des Rivières » qui n'est autre que le célèbre chef chouan, lieutenant de la Légion de Flers, plus connu sous le pseudonyme de « Voltige » auquel la ville de Flers dédia plus tard une rue. Jacques Charles guérin est le fils de Charles Guérin sieur des Rivières, cousin germain de Pierre Guérin.

Devenu veuf, Pierre Guérin épouse en secondes noces le 24 juin 1793 Madeleine Fouche originaire de Landigou.

À partir d'octobre 1798, Pierre Guérin représente les intérêts de sa commune en qualité d'agent municipal au sein de la municipalité du canton de La Carneille.

En juin 1799, il est nommé maire provisoire puis maire à part entière. Mais le mois suivant, le premier préfet du département lui préférera quelqu'un d'autre.

Le premier maire de la Selle La Forge décède le 6 décembre 1810 à l'âge de 69 ans.

Le dévouement au service de l'administration municipale est traditionnel et héréditaire chez les Guérin « Belenclos ». François Guérin (1768-1840), fils de Pierre Guérin fut conseiller municipal de 1813 à 1832. François Guérin (1799-1881) fils de François, petit-fils de Pierre, fut conseiller municipal de 1860 à 1881 et maire de 1862 à 1870. Son frère, Arsène Guérin (1811-1884) fut conseiller municipal en 1884.
Eugène Guérin (1850-1927), grand-père de ma grand-mère paternelle, arrière-petit-fils de Pierre Guérin et neveu de François et Arsène ci-dessus nommés, fut conseiller municipal de 1900 à 1927.

Plusieurs autres de mes ancêtres directs furent membre du conseil municipal de La Selle La Forge.
L'arrière-grand-père de ma grand-mère et beau-père d'Eugène Guérin, Jacques Halbout (1807-1884) fut conseiller municipal de 1865 à 1881.

Du côté maternel de ma grand-mère, Louis François Lecornu (1792-1857) fut conseiller municipal de 1832 à 1860. Son fils François Lecornu (1815-1884) le fut de 1874 à 1884.

lundi 13 juin 2016

Labaume ou Labaune ?

Je m'appelle « Labaume » et je me suis longtemps demandée pourquoi nos cousins bourguignons s'appelaient « Labaune » et aussi pourquoi quelques petits vieux, quand ils parlaient de mon arrière-grand-père, parlaient du « père Labaune ».

Et grâce à mes recherches, j'ai trouvé pourquoi.

Mon arrière-grand-père, Jean LABAUNE est né en 1888 à Issy L’évêque en Saône-et-Loire.

D'après ce que je sais, il était garde particulier pour un châtelain là-bas, en Bourgogne.

Puis ce châtelain a acheté un château en Normandie, plus exactement le château du Bois-André à La Carneille. Et mon arrière-grand-père l'a suivi pour être garde-particulier dans ce petit coin d'Orne.

Dans ce château, mon arrière-grand-mère, Augustine POTTIER, y travaillait en tant que domestique.

Ils se sont mariés le 2 décembre 1911 et sur le registre, l'officier d'état civil s'est trompé et a écrit « Labaume » au lieu de « Labaune ». L'erreur n'a pas été rectifiée et quand mon grand-père est né, il a pris le nom de « Labaume » ainsi que tous ses descendants.

Voilà pourquoi nous ne portons pas le même nom que nos cousins bourguignons ! La faute à un officier d'état civil qui a mis une patte en trop au nom de Jean.

D'après ce que ma grand-mère m'avait raconté, Jean n'est retourné en bourgogne que pour enterrer ses parents.

Pour aller plus loin, j'aimerai trouver :
- quand exactement mon arrière-grand-père est arrivé en Normandie ?
- quel était le nom de ce fameux châtelain ?