mercredi 18 octobre 2017

Le mystère Jacques LESECQ (suite)

L'année dernière, je vous avais parlé de Jacques LESECQ dont le décès était introuvable dans les registres en ligne bien que ses date et lieu de décès soient indiqués dans les actes de mariage de ses filles.

J'ai profité d'un de mes passages dans la région de Messei pour passer à la mairie : les registres étant tenu en double exemplaire, peut-être avait-il été oublié dans celui transmis aux archives mais présent dans celui resté en mairie.

Mais malheureusement pour moi, pas plus de décès de Jacques LESECQ dans les registres en mairie que ceux en ligne...

Mais mon passage en mairie n'est pas totalement vain car j'ai trouvé ce petit bout de papier dans le registre, inséré à la page des tables décennales de l'année de son décès :
Il y est écrit "Jacques Le Sec fils Jacques et d'Anne Hesnard décédé le .... âgé de 37 ans et enterré le 29 7bre".

J'ai donc sa date d'inhumation mais toujours pas de date de décès "officielle"...

Du coup, le mystère s'épaissit : Pourquoi ce papier ? Pourquoi n'est-il pas inscrit dans les registres de Messei ? Est-il décédé ailleurs ? Mais alors où? Et pourquoi sur le mariage de ses filles est-il indiqué qu'il est décédé à Messei ??

Et je me dis aussi qu'il est miraculeux que ce petit bout de papier soit resté dans le registre sans être perdu pendant plus de 192 ans .

Il m'est alors venu à l'idée de consulter les registres paroissiaux puisque j'ai sa date d'enterrement.

Fébrile, j'ai écrit un courrier aux archives diocésaines pour avoir son acte d'inhumation et après quelques mois d'attente, la réponse est tombée :
 Arrghhhh..... je n'aurai pas de réponse de ce côté-là!

Me voilà donc dans une impasse...

Peut-être que j'aurai une chance d'en savoir plus avec les archives notariales et notamment sa succession...

Encore faudra-t-il que ces actes existent...

Donc toujours pas de réponse pour le décès de mon Jacques, peut-être n'en aurai-je jamais...

dimanche 6 août 2017

Le jour où une signature a débloqué une branche !

Dans la généalogie de mon mari, j’ai trouvé une enfant naturelle. Rien d’extraordinaire à ça, j’en ai un certains nombre dans ma généalogie.

Le problème, là, c’est que je n’avais pas le moindre indice sur son ascendance, si ce n’est le nom de sa mère.

Bien souvent, sur les actes de naissance des enfants naturels, c’est un aïeul de l’enfant, grand-père ou grand-mère, qui déclare la naissance et donc, donne un morceau d’ascendance. Parfois, il est précisé que l’accouchée est « fille de » et on a le nom du grand-père.

Là, rien, aucun lien n’est précisé entre celui qui déclare la naissance et l’accouchée, l’âge de cette dernière n’est même pas mentionné. Aucun détail non plus sur le lieu où elle accouche : il est en effet parfois indiqué que la mère a accouché « au domicile de son père » ou « au domicile de sa mère »...

Sur l’acte de mariage de sa fille, la seule précision est sa profession et son domicile. 
J'aurai pu trouver un indice du côté des témoins au mariage mais aucun lien de parenté, les 4 témoins étant des amis du couple.

Je savais donc juste que Alexandrine Stéphanie COTÉ née le 9 avril 1826 à Tancarville était la fille de Marie Magdeleine Désirée COTÉ, fileuse de métier et domiciliée à Saint Vigor d’Ymonville le 29 novembre 1845, date du mariage de sa fille. L'âge de Marie Magdeleine Désirée n'étant mentionné ni sur l'acte de naissance de sa fille, si sur l'acte de mariage, je n'avais même pas estimation de sa date de naissance.
J'avais épluché les tables décennales de Tancarville et Saint Vigor d'Ymonville sans trouver trace de son décès.

J’en étais donc là depuis 2008 !!

Puis récemment, j’ai repris cette branche et ayant un abonnement premium à Geneanet, j’ai fait une recherche avec le nom de Marie Magdeleine Désirée COTÉ.

Et là, je tombe sur un mariage à Oudalle en 1831.

Mais comment prouver qu’il s’agit bien de la même personne puisque je ne sais quasiment rien de celle que je cherche, si ce n’est sa profession. Profession qui correspond mais les « fileuses » étaient légion à l’époque...

Trois prénoms identiques me poussent quand même à penser que c’est la même personne mais rien n’est sûr...

Et tout à coup, j’ai comme une illumination : et si je regardais les signatures ?

Encore faut-il qu’elle sache signer...

Je vais donc voir le mariage de sa fille et eurêka, elle signe.

Voici donc les 2 signatures : la première sur l’acte de mariage de sa fille en 1845, la deuxième sur son propre mariage en 1831.

Signature de Marie Magdeleine Désirée COTÉ sur l'acte de mariage de sa fille en 1845
Signature de Marie Magdeleine Désirée COTÉ sur son acte de mariage en 1831
Et là je dois dire que le faisceau de présomption est plus que convaincant et qu'il s'agit bien de la même personne!

En résumé, quand on compare les 2 actes :
- même nom et mêmes 3 prénoms
- même profession
- lieux géographiques proches
- même signature

Sur son acte de mariage en 1831, j'apprends qu'elle est veuve et que son premier époux est décédé en 1820. Il me faudra essayer de trouver ce mariage pour pouvoir comparer une troisième signature! 

J'ai donc maintenant le nom de ses parents, le nom d'un premier époux, ses date et lieu de naissance, de quoi poursuivre mes recherches!


L’état de mon arbre avant mes découvertes :

Marie Magdeleine Désirée COTÉ (?-?) – sosa 327
Alexandrine Stéphanie COTÉ (1826-?) – sosa 163
Blanche LECORDIER (1856-?) – sosa 81
Léon Henry DESHAYES (1876-?) – sosa 40
Henri Georges Maurice DESHAYES (1910-1968) – sosa 20
Le grand-père de mon mari – sosa 10
La mère de mon mari - sosa 5
Mon mari – sosa 2
Mes filles – sosa 1





dimanche 16 juillet 2017

#RDVAncestral – Rencontre avec Catherine JEHAN

Le rendez-vous ancestral (#RDVAncestral) est un rendez-vous mensuel initié par le généalogiste professionnel Guillaume Chaix. Il a lieu tous les troisièmes samedi du mois et consiste en l’écriture d’une rencontre avec l’un de nos ancêtres.

Aujourd'hui, nous allons dans l'Orne, à Flers au hameau des Basses Folletières.


Je quitte Flers par la route d’Echalou. Je ne reconnais pas grand-chose...

Moi, ici, j’y connais des pavillons, des « HLM », le « blockhaus », surnom donné au centre des impôts par les habitants du cru...

Là, ce ne sont que des champs, le bourg de Flers est déjà loin derrière moi en ce jour d’août 1840.

Je reconnais quand même la route : je quitte la route d’Echalou et bifurque à gauche vers le hameau des Basses Folletières.

Le paysage est typique du bocage : chemin creux, haies boisées, petits champs...

Chemin creux tel que je l'imagine à l'époque - photo personnelle

Les moissons sont en cours, là, il ne reste que les chaumes dans le champ, des femmes et des enfants glanent, plus loin, les demoiselles* récemment confectionnées attendent qu’on viennent les chercher avec une charrette à heutiers*.
Jean François MILLET - Les Glaneuses

Dans le champs d’à côté, des hommes sont occupés à faucher le blé à l’aide de grandes faux. Un grand voile fixé sur ces dernières permet de rassembler les épis en un tas au fur et à mesure de la coupe. Les femmes et les enfants suivent les hommes pour confectionner les gerbes et former les demoiselles.

Je continue à descendre la route, les champs deviennent des près, plus humides. Là, les belles vaches normandes sont rassemblées à l’ombre de la haie.
Vaches normandes - google images


J’approche de la ferme de Louis HUET, le fils de Catherine JEHAN que je dois rencontrer.

Catherine est née le 2 février 1756 à Flers et en cet été 1840, elle a donc 84 ans. J’espère qu’elle sera en mesure de me parler.

Les maisons d’habitations bordent la route. Les bâtiments de ferme, granges et étables, sont répartis aux alentours et entourés de vergers.

J’entends un bruit régulier, je continue de progresser : j’arrive sur une aire de battage aménagée devant une grange. Des hommes manient le « fiau »* en cadence. Ils sont en pantalon et chemise, une large ceinture de flanelle entoure leur taille. Tous sont chaussés de sabots de bois. Ils sont trop occupés pour faire attention à moi.

Un peu plus loin, des femmes s’affairent à dresser une table à l’ombre des poiriers. Les travailleurs auront bien mérité leur pitance.

J’aperçois enfin Catherine, elle est assise sur un banc à l’ombre d’une haie de lauriers. 
C'est un peu ainsi que j'imagine Catherine - google images


Elle est vêtue d’une jupe sous laquelle on devine des jupons et d’une chemise sur laquelle elle a enfilé un caraco. Une coiffe simple cache complètement ses cheveux, ils sont probablement tirés en un chignon strict. Son visage est parcouru de rides profondes. Malgré la température très clémente, un fichu couvre ses épaules.

Elle me sourit et m’invite à m’asseoir auprès d’elle. Elle a l’air d’avoir encore l’esprit bien vif pour ses 84 ans.

- Il me semble que tu viens de bien loin, mais je n’ai pas bien compris qui tu étais...

- Ça n’a pas grande importance, je suis juste heureuse de pouvoir discuter avec vous, de parler de votre famille, vos parents, votre époux, vos enfants....

Elle a le regard vague tout d’un coup..

- Ah, mon époux, il y a bien longtemps qu’il n’est plus... Il était encore bien jeune quand il est décédé...

- Oui, il n’avait que 34 ans

- Oui... Il m’a laissée seule avec nos 3 petits, ils avaient tous les 3 moins de 5 ans.

Marie Catherine est l’aînée, elle ne s’est jamais mariée. Elle a presque 60 ans maintenant. C’est elle là-bas qui apporte les terrines de pâté. Elle s’occupe bien de moi, elle est dévideuse*, comme je l’étais avant, mais mes pauvres mains ne me permettent plus les travaux trop précis.

Elle me montre ses mains déformées pas l’arthrose.

Ensuite, il y a Louis François. Tu as du l’apercevoir tout à l’heure, il dirige les batteurs, il a encore beaucoup de vigueur malgré son âge, lui aussi approche des 60 ans...

Et enfin ma petite Françoise.

Elle sourit et reprend : enfin, ma petite qui a 55 ans ! Elle avait à peine un an quand son père est mort... Elle aussi est dévideuse. Elle vit au village du Hazé avec son mari.

- Vous ne vous êtes jamais remariée ? Vous étiez pourtant jeune, tout juste 30 ans...

- Non, mais tu sais, je ne me suis jamais sentie seule. Au village ici, il n’y a quasiment que la famille, j’ai toujours été bien entourée et aidée.

Elle se tait... On dirait que la conversation la fatigue...

Un peu plus loin trois enfants jouent.

- Ce sont vos petits-enfants là-bas ?

- Oui, ce sont les enfants de Louis. Ce sont les plus petits, les plus grands aident leurs parents. Il y a Victoire, elle a 8 ans.

- C’est mon ancêtre !

Elle me regarde d’un air intrigué mais ne relève pas et poursuit :

- Elle s’occupe de Vincent, il a 6 ans et de Marie qui a 3 ans. Ça libère un peu sa mère, ma bru : les journées de battage sont de grosses journées, les voisins viennent aider et il faut nourrir tout le monde.

- Regarde la belle jeune fille qui aide à préparer la table, c’est Joséphine, elle a 19 ans. Julien et Jules doivent être en train d’aider leur père. Ils ont 22 et 13 ans.

- 6 enfants, ça fait une belle famille !

- Neuf !

- Comment ?

- Neuf enfants, ils ont eu 9 enfants mais Dieu est venu leur en prendre 3... la petit Marie Joséphine n’a vécu que 12 jours, c’est leur première perte... Puis ils ont perdu le petit Louis, il avait 3 ans et demi et Ambroise qui n’avait que 2 ans...

- Vous avez d’autres petits enfants ?

- Oui, Françoise a 4 enfants. Enfin, maintenant 3... Jacques est mort il y a 3 ans, il avait 16 ans... Au moins, moi, je n’ai jamais eu à connaître la douleur de perdre un enfant.

Elle se tait, passe sa vieille main ridée devant ses yeux. Je la sens de plus en plus fatiguée.

Joséphine se dirige vers nous : « Comment allez-vous grand-mère ? »

- Je suis fatiguée, raccompagne-moi chez moi !

Les 2 femmes s’éloignent, la plus jeune soutenant l’aïeule et accordant son pas à celui de la veille femme.

Je décide de repartir. Je croise les hommes qui ont fini leur labeur pour aujourd’hui. Ils se dirigent vers le puits pour se rafraîchir et faire disparaître la poussière qui leur noircit le visage et les bras.

Les plats consistants préparés par les femmes ainsi que le cidre fraîchement sorti de la cave leur fera du bien.

Demain, après une nuit d’un sommeil lourd, ils iront chercher aux champs les dernières gerbes qui y sèchent depuis quelques jours et recommenceront le battage.

Puis viendra le temps du vannage : je ne sais si Louis avait déjà investi dans un tarare*, récemment inventé, ou si le vannage se faisait encore manuellement, par jour de grand vent.

Je reprends la route vers Flers, je croise des femmes revenant de la traite, 2 channes* pendent lourdement de part et d’autre du joug* sur les épaules de l’une, l’autre porte les siaux* et seilles* qui leur ont servis pour la traite.
Julien DUPRE


Le jour décline doucement, la température est agréable pour la promenade.



Glossaire et sources :


Un grand merci à mes parents pour le vocabulaire local et pour l’explication du déroulé des moissons.

demoiselles : les gerbes étaient posées verticalement 4 par 4, puis une cinquième était posée à l’envers au dessus pour former un « toit ». C’est cet ensemble qui était nommé « demoiselle ». Elles pouvaient rester une dizaine de jour dans le champ avant d’être ramenées à la ferme.

charrette à heutiers : les charrettes avaient des échelons devant et derrière, elles pouvaient être équipées de réhausses de chaque côté qu’on appelait « heutiers ».
Charette - google images


fiau : nom local du fléau  wikipédia

dévideuse : http://www.du-cote-de-chez-nous.net/article-devideuse-122822715.html

tarare : http://jeanpierrejeannin.fr/articles/9-pantheonesques/14-le-tarare-ou-machine-a-fabriquer-le-vent

channe : récipient pour transporter le lait http://www.objetsdhier.com/fr/Aff.php?select_nom=164

joug ou porte seaux : il doit y avoir un nom local mais j’ai oublié de demander à mes parents! http://www.objetsdhier.com/fr/Aff.php?select_nom=115

siaux : non local de seaux

seille : petit tabouret en bois à 3 pieds aussi appelé selle.
google images





Données généalogiques :

Catherine JEHAN est née à Flers (61) le 2 février 1756 de Pierre JEHAN (1727-1811) et de Anne Marie Thérèse HALBOUT (1735-1801) qui se sont mariés à Flers le 23 janvier 1755

Elle est l’aînée d’une fratrie de 10.

Le 16 septembre 1780, elle épouse à Flers, Pierre HUET né le 16 octobre 1751 à Saint-Clair-de-Halouze, fils de Jean et de Françoise ROUSSEL.

Ils ont 3 enfants : Marie Catherine (1781), Louis François (1783, mon ancêtre) et Françoise (1785).

Son époux décède le 7 janvier 1786 âgé de seulement 34 ans.

Elle lui survivra bien longtemps puisqu’elle décède à 87 ans le 5 mai 1843.

Marie Catherine ne se marie pas et décédera célibataire à 76 ans le 14 décembre 1857.

Louis François épouse Marie Anne LEPRINCE (1794-1869) le 5 novembre 1817 à La Chapelle-Biche (61), il a 34 ans, elle en a 22. Ils auront 9 enfants entre 1818 et 1837. Il décède à 90 ans le 28 juillet 1873.

Françoise épouse à Flers le 4 mai 1809 Jacques Julien JEHAN (1780-1864). Je ne sais pas encore si Jacques Julien est apparenté à Catherine. Ils auront 4 enfants entre 1813 et 1824. Elle décède à 75 ans le 7 février 1860.

J’ai consacré la lettre K de mon challenge AZ à Catherine.


Catherine JEHAN (1756-1843) – sosa 229
Louis François HUET (1783-1873) – sosa 114
Victoire Angélique HUET (1832-1905) – sosa 57
Victor Jules JARDIN (1862-1931) – sosa 28
Paul Victor Émile JARDIN (1904-1968) – sosa 14
Ma maman - sosa 7
Moi – sosa 3
Mes filles – sosa 1



Pour finir, petite épine : le 27 juin 1828 à Flers est déclaré le décès de Louis HUET fils de Louis François et de Marie Anne LEPRINCE. Il est dit âgé de 9 ans. Seulement en 1828, leur fils Louis Victor a seulement 3 ans, c’est leur fils Julien qui a 9 ans. Alors ? Est-ce bien Louis qui est décédé mais les témoins se sont trompé sur son âge ou est-ce Julien et les témoins se sont trompés sur le prénom ? A moins de trouver un éventuel mariage ou un décès de l’un ou de l’autre, ça reste un mystère...

vendredi 30 juin 2017

#ChallengeAZ - Z comme « Zou, z’ai fini ! »

Bon OK, c’est facile mais je suis tellement fière d’avoir fait ce challenge pour la première fois et d’en être arrivée au bout !

Et puis je n’ai que 2 prénoms commençant par Z et ce ne sont pas mes ancêtres directes : 2 Zoé et 1 Zélia.

J’ai réussi à trouver une idée pour toutes les lettres même si j’ai pris quelques libertés et chemins détournés pour certaines !

L’autre jour, j’ai fait un rêve : j’écrivais le challenge AZ 2018. L’idée est belle mais très ambitieuse. Si je veux la réaliser, ça me demandera beaucoup plus de travail que pour ce challenge- ci qui était, au final, juste une revue de quelques unes de mes ancêtres.

Donc on verra l’année prochaine si j’arrive au bout de ce challenge ambitieux et si je trouve le temps et l’énergie pour le réaliser.

En attendant, la récap' de mon challenge version 2017 est ici.

Si vous voulez voir les participations de tous les autres « cinglés » qui ont participé, leurs contributions sont réunies dans ce tableau google.

Mon objectif des mois qui viennent est donc d’abord de lire toutes les contributions des autres participants.

Alors peut-être à l’année prochaine pour le challenge AZ 2018 et pour sûr d’ici quelques jours ou semaines pour d’autres aventures pour mon blog, certains articles publiés durant ce mois m'ont donné quelques idées.

jeudi 29 juin 2017

#ChallengeAZ - Y comme Yvonne

Y comme Yvette, Yolaine... ou encore Yvonne.

Ou quand le challengeAZ prend un tour infiniment plus personnel et intime...

Yvonne,probablement dans les années 50

Yvonne Marie Elisa GUERIN (1920-2010) est ma grand-mère paternelle. Elle est la seule de mes 4 grands-parents que j’ai bien connu. En effet mes grands-pères sont décédés avant ma naissance en 1966 et 1968, et ma grand-mère maternelle est décédée en 1982 alors que je n’avais que 7 ans et demi et son souvenir est flou pour moi.

Quand ma grand-mère est décédée en 2010, j’avais écrit ce texte sur le blog que je tenais à l’époque, je vous le livre tel que je l’avais écrit ce 19 juillet 2010.


1920-2010 : ma grand-mère est partie durant son sommeil dans la nuit de vendredi à samedi et je ne lui ai jamais dit je t'aime.

Dans la famille, ces choses là ne se disent pas...

Elle ne m'a jamais raconté grand-chose, tout ce que je sais, je l'ai saisi au vol quand j'allais la voir, une bribe par ci, un bribe par là... Mais ces bribes mises bout- bout m'ont appris à la connaître, à la comprendre...

Elle n'a pas vraiment eu une vie facile...

Elle a 9 ans quand son père décède, sa maman n'est pas vraiment une "tendre".

Elle est élevée "à la dure" : on ne pleure pas, on ne montre pas ses sentiments, on obéit...

Alors qu'elle était enfant, elle était dans la jardin, il faisait chaud, elle a retroussé ses manches : elle s'est fait réprimander car on ne montre pas ses bras, c'est incorrect.

1941 : elle épouse mon grand-père, ce n'est pas un mariage de sentiments mais un mariage de raison, un mariage arrangé, elle n'a pas eu le choix.

Mon grand-père devait en épouser une autre en 1939 mais ça ne s'est pas fait à cause de la guerre, il épousera donc ma grand-mère en 1941.

1942 : naissance du 1er enfant (mon père) : c'est bien, c'est un garçon, il est robuste, c'est toujours utile un garçon à la ferme.

1944 : naissance d'un autre garçon. Dès la naissance, il est malade, fragile. Il décédera à 9 mois. Mon grand-père n'en fait pas grand cas... Ma grand-mère, comme on le lui a éduqué, ne montre pas son chagrin, on ne pleure pas, on cache ses sentiments...

Années 40/50 : c'est encore l'époque des veillées chez les voisins, on y va à pied, il y a 1 ou 2 km à parcourir, ma grand mère est enceinte, mon grand-père ne lui donne même pas le bras...

D'autres enfants suivront, ils seront 6 en tout. Mon arrière grand-mère (mère de mon grand-père) le lui reprochera : ça fait trop, ça divise l'héritage ! Comme si elle en était seule responsable... Mon arrière grand mère de laquelle j'ai toujours eu peur jusqu'à son décès en 1983 à l'âge honorable de 93 ans, c'était une vraie méchante celle-là!

1962 : naissance de la "petite dernière", là, c'est mon père qui le voit d'un mauvais œil : il a 20 ans, il part à l'armée pour 18 mois, son père est déjà malade : qui va l'élever ?

1966 : le grand-père meurt... ses enfants ont 24, 21, 20, 14, 12 et 4 ans.

Ma grand-mère s'occupe alors de la ferme l'aide de mon père. Elle traira ses quelques vaches, à la main, jusqu'au milieu des années 80 !

1983 : décès de l'arrière-grand-mère : son fils unique (mon grand père) étant décédé, c'est mon père qui avait été nommé curateur. A son décès, 3 des frères et sœur accusent mon père et ma grand-mère de s'en être mis pleins les poches sur le dos de l'arrière grand-mère... c'est la sécession. Les ponts sont coupés... Ma grand-mère ne verra plus que 5 de ses 11 petits enfants et 3 de ses enfants.

Années 90 : un de mes oncles divorce, ses 3 enfants rejettent la famille en bloc y compris la grand-mère qui n'y est pourtant pour rien... Reste 2 petits enfants (mon frère et moi) et les 2 filles de la "petite dernière" nées entre temps.

1996 : une cousine de mon âge décède : ce drame permettra à mon oncle de renouer le lien et nous (mon frère et moi) de connaître notre tante.

1998 : mon oncle (le divorcé) décède : ma grand mère ne pleure pas, on ne lui a jamais appris à pleurer, à montrer ses sentiments. Elle est touchée, cela se sent mais elle ne pleure pas...

2000 : la tante que nous apprenions à connaître décède, mon oncle se retrouve seul et se rapproche considérablement de sa mère.

Début 2005 : la fille aînée de ma grand mère décède, je ne la connaissais plus, pas vue depuis le début des années 80... Ma grand-mère assiste à ses obsèques malgré toutes les horreurs qu'elle aura pu lui dire (aussi méchante que l'arrière grand mère celle-là !), c'est sa fille après tout...

Été 2005 : ma tante (la petite dernière) organise un rassemblement des cousins et cousines avec ma grand-mère : on est presque tous là, on apprend à se connaître, ce n'est pas facile à 30 ans passés, ma grand-mère est contente, elle revoit ses petits enfants, elle rencontre ses arrières petits enfants. Heureuse ? Je ne suis pas sûre qu'elle sache ce que cela veut dire... Mais ce sera sans suites...

Courant 2009, elle exprime le souhait d'aller en maison de retraite mais il faut attendre qu'une place se libère...

Février 2010 : elle rentre à la maison de retraite, il était temps, mon père s'épuisait à aller la voir à chaque repas pour s'assurer qu'elle mange...

Depuis, elle avait rajeuni ! La vie en collectivité lui réussissait. Dans sa maison, elle était très souvent seule, elle ne conduisait plus depuis un an ou deux. Là, elle voyait du monde en permanence, elle avait des activités...

Mercredi 14 juillet : elle était en famille avec mes parents, mon oncle, ma tante... Elle était souriante (heureuse ?).

Vendredi 16 juillet : la journée se passe normalement, elle a bon appétit.

Samedi 17 juillet : l'infirmière entre dans sa chambre pour l'aider à faire sa toilette, elle semble dormir, elle ne se réveillera plus...

Et moi je pleure...

Elle était parfois rude, revêche... Elle n'avait rien des grand-mère d'images d'Épinal... Elle n'a jamais eu de mots tendres, je ne me souviens pas qu'elle ait eu des gestes tendres... Mais on ne lui avait jamais appris, jamais permis : ni avec sa mère durant son enfance, ni avec son mari, ni après le décès de son mari...

Mais je l'aimais quand même... Mais je ne lui jamais dit...


Avec ma fille aînée en 2006.



Statistiques de ma généalogie sur les prénoms féminins commençant par la lettre Y :

Seulement 3 prénoms féminins commencent par un Y dans ma généalogie : j’ai 8 Yvonne, 3 Yvette et 1 Yolaine.

mercredi 28 juin 2017

#ChallengeAZ - X comme née sous X

X comme née sous X

J’ai de nombreux enfants sans père dans ma généalogie mais je n’ai découvert (pour l’instant) que 2 enfants de parents inconnus, un garçon né à Rouen (Seine-Maritime) en 1820 et une fille née à Falaise (Calvados) en 1787.

Véronique Désirée (un comble de se nommer Désirée pour une enfant abandonnée...) est baptisée dans la paroisse Sainte Trinité de Falaise le 16 janvier 1787.

Comme cela se faisait à l’époque, elle est probablement placée en nourrice et c’est au Repas (Orne) qu’elle épouse à 25 ans en 1812 François LANGE du même âge qu’elle.

Sa fille Marie Françoise Florentine LANGE, mon ancêtre, naît le 10 août 1831 à Sainte-Honorine-la-Guillaume. Malgré des recherches intensives dans toutes les communes alentours, je n’ai trouvé aucun autre enfant pour ce couple.

Véronique Désirée décède le jour du 6e anniversaire de sa fille le 10 août 1837 à l’âge de 50 ans.



La fiche Genenanet de Véronqiue Désirée.


L’arbre :

Véronique Désirée (1787-1837) – sosa 203

Marie Françoise Florentine LANGE (1831-1911) - sosa 101
Ferdinand Gaston POTTIER (1866-1933) – sosa 50
Marie Augustine Emilienne POTTIER (1889-1983) – sosa 25
André Pierre Marius LABAUME (1912-1966) – sosa 12
Mon papa - sosa 6
Moi – sosa 3
Mes filles – sosa 1


Pour aller plus loin :

Un des grands mystères de mon arbre :

1812 : mariage – 1831 : un enfant : que s’est-il passé pendant ces 29 ans ? Ont-ils déménagé très loin et fait d’autres enfants ailleurs ? Où n’y-a-t-il aucun autre enfant ?

Le seul moyen pour le découvrir serait, je pense, de consulter les archives notariales pour essayer de trouver les successions de Véronique Désirée et de son mari.

Une virée aux archives à Alençon s’imposera (un jour...)

Statistiques de ma généalogie sur les prénoms féminins commençant par la lettre X :

mardi 27 juin 2017

#ChallengeAZ - W comme Who ? Where ? When ? Why ?

Yes, for the letter W, I speak english !! Enfin pas trop longtemps quand même !

Bref un moyen détourné car aucun prénom commençant par la lettre W n’est présent dans ma généalogie.

Who ? Catherine COMBES née je ne sais ni où ni quand, décédée je ne sais ni où ni quand !

Where and when ?
Londres, 6 juillet 1770 : date de naissance de son fils Joseph DUGLIN, enfant naturel de Joseph DUGLIN, cuisinier de vaisseau puis Paris, 27 novembre 1770 date à laquelle elle abandonne son fils.

Why ? That is the question ! Que faisait-elle à Londres en 1770 ? Quelle était la relation exacte entre elle et Joseph DUGLIN père ? Pourquoi l’avoir abandonné à Paris ? Beaucoup de questions !!



La fiche Geneanet de Catherine COMBES.


L’arbre :

Catherine COMBES ( ?- ?)
Joseph DUGLIN (1770-1840)
Cornélie Aglaé DUGLIN (1812-1886)
Louis Léopold PAUMELLE (1845-1919)
Philomène Marie Léopoldine PAUMELLE (1889-1961)
André Ferdinand Charles Édouard TALBOT (1915-1985)
La belle-mère de mon mari
La petite sœur de mon mari
Mon neveu


Résumé de ce que je sais : Joesph DUGLIN est décédé le 10 octobre 1840 au Havre, il y est dit né à Londres et fils naturel de Joseph DUGLIN et Catherine COMBES.

Il s’est marié au Havre le 24 ventôse an V (14 mars 1797) avec Catherine Véronique LEBER.

Sur cet acte de mariage, il est indiqué qu’il est « fusilier de la première compagnie du quatre vingt douzième régiment ci-devant Walch, né le 6 juillet 1770, baptisé à l’hôpital de Londres et nommé le 27 novembre suivant en la paroisse des enfants trouvés de Paris, département de la Seine », qu’il est « en garnison en cette commune avec son dit régiment depuis 14 mois au quartier militaire » et il est indiqué que son père est « cuisinier de vaisseau ». Les 5 témoins font partie du même régiment : un lieutenant, un fusilier, 2 caporaux et un sergent. Son épouse a 25 ans et est orpheline.

Grâce à un gentil twittos (merci Manuel), j’ai une copie de sa fiche d’enfant abandonné : j’y apprends qu’il a été baptisé protestant à l’hôpital de Londres et qu’il est confié à sa mère ! Pourquoi l’abandon s’il est confié aux soins de sa mère ??

J’ai écrit aux archives anglaises pour savoir s’il y avait moyen de récupérer son acte de baptême, réponse « within 10 working days ».

J’ai aussi écrit au service historique de la Défense pour voir s’il y avait moyen de retracer le parcours militaire de Joseph.

So, wait and see !


Statistiques de ma généalogie sur les prénoms féminins commençant par la lettre W :

Aucun prénom dans ma base ne commence par la lettre W.

Vous trouverez ici la récapitulation de tous les articles publiés pendant ce challenge AZ 2017.