samedi 18 mars 2017

#RDVAncestral – Ferdinand et Florentine

Le rendez-vous ancestral (#RDVAncestral) est un rendez-vous mensuel initié par le généalogiste professionnel Guillaume Chaix. Il a lieu tous les troisièmes samedi du mois et consiste en l’écriture d’une rencontre avec l’un de nos ancêtres.
Ce mois-ci, nous nous rendons à Ségrie Fontaine, petite commune de l’Orne située au nord-ouest du département. Au recensement de 1886, elle comptait 615 habitants.
Nous sommes le 5 février 1888, dans la matinée, et comme sur une bonne partie de la France, le froid est intense. Les températures relevées à Paris avoisinent les -15°C.

En ce 5 février 1888, il fait un froid glacial et vous vous mariez Ferdinand et Florentine.

J’aurai aimé discuter un peu avec vous, mais il fait tellement froid que vous ne vous êtes pas attardés dehors après le mariage à la mairie et vous vous êtes vite engouffrés dans l’église. Il n’y fait pas forcément plus chaud mais au moins, on y est à l’abri des courants d’air.

Ferdinand, tu vas avoir 22 ans dans 2 semaines et tu es maçon comme l’était ton père. Et toi, Florentine, tu as 28 ans et tu es tisserande.

C’est de vos pères que j’aurai aimé discuter avec vous car aucun des 2 n’est né dans l’Orne.

Ferdinand, ton père Louis Michel POTTIER est né à Chevaigné du Maine, en Mayenne à une cinquantaine de kilomètres au sud d’ici et il est venu se marier et s’établir à Saint Honorine La Guillaume, distante de 10km de Ségrie Fontaine.

Quant à toi Florentine, ton père Pierre Auguste LEPLANOIS a aussi fait une migration d’une cinquantaine de kilomètres mais lui est arrivé de l’ouest, de Clinchamps dans le Calvados. Et il s’est marié ici à Ségrie Fontaine.

Qu’est-ce qui les a poussés à parcourir ces distances et venir s’établir dans ce petit coin d’Orne ?

Oh, j’ai bien une petite idée. Effectivement, ton père, Ferdinand, était maçon et ton père Florentine, est tailleur de pierre comme son père avant lui, et du côté de ta mère, tes arrière-grand-père et arrière-arrière-grand-père étaient aussi tailleurs de pierre...

Alors ? Compagnonnage ? Chantier important dans la région ?

Je ne pourrai questionner Louis Michel POTTIER, il est décédé en 1882 mais peut-être pourrai-je discuter avec Pierre Auguste LEPLANOIS à l’issue de la cérémonie...

Il est assez drôle de constater que vos parents se sont mariés la même année à 20 jours d’intervalle... Peut-on en conclure que vos pères sont arrivés par ici à la même époque ?

La cérémonie de mariage s’éternise... Le froid est intense... Je sens mes membres s’engourdir... Je ne dois pas m’assoupir si je veux pouvoir discuter avec vous...

Mais c’est trop dur... Tout à coup, je sursaute : me voilà revenue en 2017... Je reste une fois de plus avec mes questions...


Louis Michel POTTIER est né à Chevaigné du Maine (Mayenne) le 9 juillet 1828.
Le 10 janvier 1853, il épouse à Sainte Honorine La Guillaume (Orne), Marie Françoise Florentine LANGE née le 10 août 1831. Ils auront 9 enfants entre 1853 et 1876 dont Ferdinand Gaston POTTIER né le 19 février 1866. Il décède 1 mois avant son 54e anniversaire le 1er juin 1882 à Sainte Honorine La Guillaume.

Pierre Auguste LEPLANOIS est né à Clinchamps (Calvados, aujourd’hui Mesnil Clinchamps) le 19 mars 1830.
Le 30 janvier 1853, il épouse à Ségrie Fontaine (Orne), Modeste, Aline MALHERE née le 3 décembre 1824. Ils auront 7 enfants nés entre 1853 et 1867 dont Léontine Florentine LEPLANOIS née le 15 avril 1859. Je n’ai pas encore trouvé le décès de Pierre Auguste..

Le père de Pierre Auguste, Jean François LEPLANOIS était tailleur de pierre.
Modeste, Aline MALHERE est l’enfant naturel de Marie, Françoise Catherine MALHERE dont le père François MALHERE était tailleur de pierre, piqueur de caveau et le grand-père Pierre MALHERE, piqueur de pierre.
Je ne sais pas vraiment ce qui se cache derrière les appellations « piqueur de caveau » et « piqueur de pierre ».


Ferdinand et Florentine auront 7 enfants entre 1889 et 1900 dont mon arrière-grand-mère paternelle, Marie, Augustine, Émilienne POTTIER (dite Augustine) née le 14 août 1889 et décédée le 5 janvier 1983.

jeudi 23 février 2017

Je suis ton père ! (ben voyons!)

Adèle Marie naît à Saint Paul du Vernay dans le Calvados le 14 novembre 1837. Elle est la fille naturelle de Marie MARTIN âgée de 19 ans, dentellière et c'est sa grand-mère Anne JAMES qui la déclare à la mairie.

Les années passent et le 18 novembre 1850, alors qu'elle vient de fêter ses 13 ans, sa mère se marie à Planquery avec Auguste César BAZIRE.

Par leur mariage, Marie et Auguste légitime Adèle en la déclarant « issue de leurs œuvres ». Auguste devient donc légalement le père d'Adèle.

Tout va bien donc, même s'il a mis le temps (13 ans quand même), son père la reconnaît enfin comme sienne et elle n'est donc plus une « bâtarde »...

Oui... Bon.... OK.... Légalement, il est son père mais biologiquement, j'ai comme un léger (enfin pas si léger) doute !


En effet, Auguste BAZIRE est né le 13 mars 1823 et à la conception de « sa » fille, il avait donc 13 ans et 11 mois ! C'est quand même un peu jeune... Non ?

samedi 21 janvier 2017

#RDVAncestral – Rencontre avec Georges SERVAIN

Le rendez-vous ancestral (#RDVAncestral) est un rendez-vous mensuel initié par le généalogiste professionnel Guillaume Chaix. Il a lieu tous les troisièmes samedi du mois et consiste en l’écriture d’une rencontre avec l’un de nos ancêtres.

Ce mois-ci, nous nous rendons dans la Manche, dans la commune La Lande d'Airou située à quelques kilomètres de Villedieu-Les-Poêles.

Nous sommes le 17 novembre 1841, il est presque 17h.

Le village n'est pas bien grand, je n'ai aucun mal à trouver la mairie où m'attend Georges Servain.

C'est une petite bâtisse en pierres comme on rencontre tant dans la région.

Il m'accueille avec le sourire et m'invite à m'asseoir.

- Bonjour Georges, comment allez-vous ?
- Très bien, vois-tu, j'attends mon gendre, il doit venir déclarer la naissance de sa fille, ma première petite-fille !! Elle est née hier matin à 8:00, me dit-il avec un grand sourire.
- Vous êtes le maire de ce village ?
- Oui, depuis 1832.
- Vous n'étiez pas installé à Coutances il y a quelques années ?
- Oui, je suis né ici mais je suis allé me faire embaucher comme domestique à Coutances. Ce qui m'a permis de me faire un pécule et pouvoir revenir m'installer ici. Et je compte bien finir mes jours tranquillement. Oh, pas maintenant, je n'ai que 58 ans et j'espère voir naître d'autres petits enfants !
- C'est vrai que vous n'avez qu'une fille. Cela n'a pas été trop dure de la laisser partir ?
- C'est vrai que je la trouvais un peu jeune pour se marier, elle n'avait que 17 ans. Mais son prétendant a su me montrer qu'il était un homme sérieux, il est installé comme cultivateur. Tu sais que son père a aussi été maire de La Lande d'Airou, de 1815 à 1828 ? Il est malheureusement décédé pendant son mandat. Ainsi, ma petite-fille pourra se vanter que ses 2 grand-pères ont été maires !

Tout en me parlant, Georges jette de fréquent coups d’œil par la fenêtre surveillant l'arrivée de son gendre.

17 heures sonnent à l'église quand Louis François LEMOINE pénètre dans la mairie avec un bébé dans les bras, il est accompagné de deux voisins, cultivateurs comme lui, Jacques François ROY et Guilaume DREY.
Il est tout sourire et déclare fièrement en nous montrant l’enfant : « Je viens déclarer ma fille ! »

Georges ouvre alors le registre, trempe sa plume et commence à écrire de sa belle écriture :
« L'an mil huit cent quarante un le dix sept du mois de novembre à cinq heures du soir par devant nous Georges Servain maire officier de l'état civil de la commune de la Lande d'Airou canton de Villedieu, département de la Manche est comparu le sieur Lemoine Louis François âgé de trente cinq ans, cultivateur domicilié en cette commune, lequel nous a présenté un enfant de sexe féminin né d'hier à huit heures du matin de lui déclarant, en sa maison située village de la Moinerie, et de Servain Marie Rosalie âgée de 18 ans, son épouse et auquel enfant il a déclaré vouloir donner les prénoms de Marie Louise Georgina..... »

Tout en écrivant, Georges regarde attendri ce si petit enfant endormi dans les bras de son père.
Je les laisse ensemble, entre formalités administratives et tendre scène familiale.

Je n'ai pas eu le temps de le questionner sur ces différentes épouses...

J'aurai aimé qu'il me dise pourquoi, en 1813 alors qu'il n'avait que 30 ans, il avait épousé Marie Madeleine FOUCHARD de 30 ans son aînée, plus âgée que sa propre mère... Est-ce par l'entremise de Jean Loquet de La Landed'Airou, maire de la commune de la Lande d'Airou de 1790 à 1792 et installé à Coutances chez qui Marie Madeleine était domicilié et qui fut témoin à leur mariage ? Le mariage n'avait pas duré car Marie Madeleine était décédée 10 mois plus tard.

J'aurai aussi aimé savoir ce qui était arrivé à sa seconde épouse, Véronique Charlotte LELOUP, mère de son unique enfant, pour décéder à l'âge de 34 ans, 3 ans après leur mariage alors que Marie Rosalie n'avait que 14 mois.

J'aurai aussi voulu connaître la destinée de Rose DUPONT, sa dernière femme épousée alors qu'il avait déjà 47 ans et elle 46. Était-elle toujours en vie ?

Mon temps ici est terminé et je dois retourner au 21e siècle avec mes questions sans réponses...



Georges SERVAIN est né le 21 novembre 1783 à La Lande d'Airou.

Le 27 octobre 1813, il épouse à Coutances en premières noces Marie Madeleine FOUCHARD âgée de 60 ans. Cette dernière décède le 11 août 1814.

Il épouse Véronique Charlotte LELOUP à Coutances le 23 novembre 1821. Il a 38 ans, elle en a 31.
Sa fille Marie Rosalie naît à Coutances le 29 octobre 1823.
Le 8 janvier 1825, sa femme décède.

Il se remarie pour ses 3èmes noces à Coutances, le 23 août 1830 avec Rose DUPONT de laquelle je ne connais pas la destinée.

Il revient ensuite s'installer à La Lande d'Airou où il est élu maire en 1832. Il le restera jusqu'en 1848.

Georges mourra veuf le 14 novembre 1862 à La Lande d'Airou à l'âge de 78 ans.

Il aura l'honneur d'inscrire encore 3 de ses petits enfants sur les registres :
- Emelie Rose née en 1843,
- Marie Angélique née en 1847,
- Louis Félix Marie né en 1848.
Il verra la naissance de tous ses petits enfants avant son décès.
Alors qu'il n'est plus maire, suivront :
- une fille mort-née en 1850,
- Maria Léonie en 1851 (sosa 93 de ma fille, soit l'arrière-grand-mère de son arrière-grand-mère),
- Eugénie Pauline en 1858.



Georges SERVAIN
Marie Rosalie SERVAIN
Maria Léonie LEMOINE
Auguste Eugène LEFEVRE
Augustine Julia LEFEVRE
L'arrière grand mère de mes filles
La grand mère de mes filles
Mon mari
Mes filles

dimanche 8 janvier 2017

L'histoire familiale... et la réalité ! La suite

Souvenez-vous, en juillet, je vous avais parlé de la différence entre l'histoire de l'arrivée de mon arrière-grand-père en Normandie depuis la Bourgogne et la réalité des faits que j'avais découverts.

Les questions qui se posaient alors étaient :
- où étaient domiciliés les parents de mon arrière-grand-père lors du mariage des frères aînés en 1909 et 1910 ?
- quand sont-ils retournés en Bourgogne ?


Grâce à Christine (Généalanille) originaire du même coin que mes ancêtres et qui a eu la bonne idée d'aller passer quelques jours de vacances par là-bas, j'ai un peu progressé.

Voici donc ce que j'ai appris grâce à elle :
- mariage de Louis LABAUNE avec Antoinette DAUBROSSE le 17/11/1908 : les parents sont domiciliés à Issy L'Eveque, Claude est témoin au mariage de son frère.
- mariage de Claude LABAUNE avec Marie MOINE le 29/08/1910 : les parents sont domiciliés à Issy-L’Évêque. Louis et Jean (mon arrière-grand-père) sont témoins et dits domiciliés à Issy-L’Évêque.
- 1914 : André LABAUNE ainsi que ses 2 plus jeunes fils Louis Henri et Jean Claude sont sur les listes électorales de Issy-L’Évêque.
-1923 : décès de Marie ROY à Issy-L’Évêque


De mon côté, j'ai retrouvé les fiches matricules des 2 plus jeunes fils et ils ont été recensés en Bourgogne, donc officiellement domiciliés en Bourgogne à ce moment là.
Le recensement avait lieu en décembre de l'année du vingtième anniversaire : Louis Henri est né en 1891 a donc du être recensé fin 1911, Jean Claude est quant à lui né en 1892 et donc recensé en 1912.
Voici donc un petit résumé de ce que je sais :












Ils sont donc arrivés à La Carneille entre fin août 1910 et mars 1911 et sont apparemment repartis dès le mariage de Jean.
Quant à Jean, grâce à sa fiche matricule, je sais qu'il est arrivé à La Carneille le 16 septembre 1911 à sa libération du service militaire. Il se marie donc 2 mois et demi plus tard : quand et comment a-t-il rencontré sa future femme ? Mariage arrangé ?


Christine m'a par ailleurs suggéré d'autres pistes :
-celle du garde particulier : il existe un acte fait entre un propriétaire et le garde (donc pas chez le notaire) mais qui est enregistré et pour lequel le garde doit prêter serment au Tribunal et que je pourrai peut-être retrouver aux archives
- celle du domicile : chercher du côté des baux ou actes de vente chez le notaire.


J'ai donc eu des réponses mais il reste encore quelques questions !

A suivre donc !