samedi 14 avril 2018

7 - #16AAGP ou #32QC ?


D’un côté, il y a eu Marion Monville qui sur son blog magenea.com a eu l’idée d’étoffer la généalogie de ses 16 arrières-arrières-grands-parents en cherchant à découvrir un maximum d’information sur leurs vies. Elle a ainsi publié 8 articles qu’elle a relayé sur Twitter avec le hashtag #16AAGP. Elle en a fait le bilan sur cet article.

De l’autre, il y a Stanislas Devèze qui, sur son blog "D'où je viens" a poussé la démarche une génération au dessus en se mettant à la recherche de ses 32 quadrisaieux et de leurs collatéraux. Il a baptisé son projet #32QC et explique très bien son projet sur cet article.

De mon côté, j’ai déjà commencé à étoffer ma généalogie comme je l’expliquais dans ce précédent article.

Du coup, ces 2 projets m’ont donné l’envie d’écrire de nouveaux articles, prétextes pour mettre à plat et faire un point sur l’état de mes recherches.

Mais quelle ligne suivre : #16AAGP ou #32QC ?

Comme de toute façon, mon projet, à terme, est d’avoir les collatéraux de tous les ancêtres présents dans la généalogie de mes filles, pourquoi ne pas suivre les 2 chemins au gré de mes recherches ?

D’autant que sur les 32 quadrisaieux de mes filles, 16 sont mes arrières-arrières-grands-parents…

Du coup, à un rythme absolument pas régulier et dans un ordre complètement aléatoire, je publierai des articles pour vous présenter les fratries des 32 quadrisaieux de mes filles mais aussi de leurs 16 arrières-arrières-grands-parents.

Rendez-vous donc dans les jours, semaines, mois (années ? parce que quand même, c'est du boulot!!) qui viennent pour de nouvelles lectures !

samedi 31 mars 2018

Tranche de vie : Augustine Françoise

J’avoue, je ne suis pas très régulière sur mon blog…

Ce ne sont pas les idées qui manquent mais je ne prends pas le temps de les formaliser.

Depuis plus d’un an, je dois écrire la suite des parcours militaires de 5 frères Labaune mais cela nécessite quelques recherches sur la Première Guerre Mondiale que je n’ai pas le temps de mener…

Depuis quelque temps, je participe sur Twitter au hashtag #1J1Ancêtre qui consiste chaque jour à mettre en avant un ancêtre pour lequel la date du jour correspond à un des événements de sa vie.

Cela me permet de mettre un nez quotidien dans ma généalogie, sans pour autant pouvoir faire de « vraies » recherches.

Mais du coup, je tombe sur certains ancêtres avec un parcours « remarquable » (dans le sens « qui attire l’attention ») et je me dis que je pourrais en faire un article.

Du coup, ça m’a donné l’envie d’inaugurer une nouvelle « rubrique » que j’ai envie d’intituler « tranche de vie » pour décrire et partager le parcours de ces ancêtres.

Aujourd’hui, je vais donc vous parler de Augustine Françoise et de sa famille.


Augustine Françoise n’a pas de nom de famille, c’est une enfant trouvée. D’ailleurs tous les actes la concernant (mariages, naissance des enfants, décès) rappellent qu’elle est « issue de l’Hospice de Saint-Lô ».

Elle est née vers février 1812 et est envoyée en nourrice à Notre-Dame-de-Cenilly distant d’une vingtaine de kilomètres. Elle est donc élevée par Madeleine LEMONNIER, femme de Jacques GUILLON.

Le 10 juin 1834, on la marie à Louis François LEBRUN, ils ont 22 ans tous les 2. Madeleine LEMONNIER est présente et consentante au mariage, elle est veuve.

Il est temps de célébrer le mariage puisque moins d’1 mois plus tard, le 7 juillet naît Marie Anne.

Hélas, 18 mois plus tard, le 30 novembre 1835, Louis François décède alors qu’il est âgé de seulement 23 ans.

Quelques semaines plus tard, le 26 décembre, Augustine Françoise met au monde le fils posthume de Louis François : Victor François.

Elle se retrouve veuve avec 2 enfants en bas âge.

Le 21 janvier 1840, elle se remarie avec Samson Guillaume DRIEU. Elle a 27 ans, il en a 32.

Elle est fileuse, il est « cultivateur domestique ».

Leur premier enfant, Alexandre Théodor naît le 16 octobre 1840. suivent Aimable Philémond le 14 septembre 1843 et Clovis Léon le 13 janvier 1846.

Malheureusement, le 21 juillet 1846, son premier fils, Victor François, alors âgé de 10 ans décède.

Début 1850, Augustine Françoise porte son 6e enfant. Hélas, la naissance est fatale à la mère et l’enfant. Le 5 avril 1850, elle décède à l’âge de 38 ans. Son enfant, une fille, est mort-née et n’aura pas de prénom.

Au décès de Augustine Françoise, Samson Guillaume se retrouve seul avec 4 enfants à charge :

- Marie Anne LEBRUN 15 ans

- Alexandre Théodor 10 ans

- Aimable Philémond 7 ans

- Clovis Leon 4 ans

16 mois après le décès de sa femme, le 18 août 1851, Samson Guillaume se remarie avec Anne Angélique LECLUZE.

Ils auront ensemble 4 enfants :

- Jean Pierre né le 22 juillet 1852

- Emmanuel Gustave né le 30 septembre 1853 mais qui ne vivra que 4 mois, il décède le 5 février 1854

- Athanaïse Émelie née le 22 août 1855

- Clémentine Augustine née le 14 janvier 1862

Mais le destin tragique de cette famille ne s’arrête pas là :

Aimable Philémond décède à 17 ans le 9 août 1861.

Marie Anne LEBRUN, la première fille de Augustine Françoise, décède le 3 octobre 1863 à 29 ans, célibataire.

Clovis Léon meurt à son tour le 12 janvier 1869 alors qu’il est soldat. Il est foudroyé 5 jours après son entrée à l’hôpital de Lorient par une fièvre typhoïde.

Sur les 6 enfants qu’aura mis au monde Augustine Françoise, seul 1, Alexandre Théodor se mariera et aura une descendance.

Sur les 4 enfants qui naîtront de la seconde union de Samson Guillaume, seul Jean Pierre et Clémentine Augustine se marieront :

- Jean Pierre se marie le 15 novembre 1881 avec Célestine Julie HAREL, je leur connais pour l’instant un seul enfant né 6 mois après le mariage.

- Clémentine Augustine épouse Jules Alexandre HELAINE le 19 juillet 1888. Au mariage, Clémentine a un fils né en 1885 que Jules Alexandre reconnaît comme le sien et légitime par le mariage.

Quant à Athanaïse Émelie, elle décède célibataire à 36 ans le 1er décembre 1891.

Théodor Alexandre, l’ancêtre de mes filles, s’est marié le 23 octobre 1866 avec Angélique Honorine ALLIX. Je ne leur connais que 2 enfants : Pierre Auguste né le 16 septembre 1873 et Angèle Augustine (l’ancêtre de mes filles) née le 26 avril 1877.

Samson Guillaume décède le 14 mai 1884 à 76 ans, veuf une seconde fois car sa femme Anne Angélique LECLUZE est décédée le 20 décembre 1881 à 64 ans.

La fiche Geneanet de Augustine Françoise
La fiche Geneanet de Samson Guillaume DRIEU

samedi 13 janvier 2018

Je ne remonte plus (pour l’instant), j’étoffe !

Quand j’ai débuté la généalogie, je voulais remonter le plus loin (et le plus vite) possible.

Je ne m’intéressais qu’à mes ancêtres directs, je ne m’intéressais pas aux frères et sœurs, je ne notais même pas les témoins des différents actes !

Je trouvais un ancêtre, ses parents, leurs parents et ainsi de suite…

Et puis un jour que j’étais bloquée sur une branche, j’ai regardé l’acte de naissance d’une sœur d’un de mes ancêtres et grâce aux témoins présents, j’ai pu découvrir la commune d’origine de sa mère et continuer à remonter.

J’ai alors commencé à reconstituer les fratries, je relevais les naissances des frères et sœurs que je trouvais mais n’allais pas plus loin.

Et puis, au fur et à mesure, j’ai commencé à me questionner sur comment les familles étaient constituées, le nombre d’enfants qui les composaient, si ceux-ci se mariaient loin ou non, sur les alliances entre les différentes familles, les cousinages…

Et depuis quelques temps, j’ai commencé un travail de vérification que j’évoque dans ce billet, et j’en profite pour étoffer ma généalogie.

Dans la mesure du possible, j’essaie de retrouver l’ensemble de la fratrie, les mariages des frères et sœurs ainsi que les enfants de ses derniers. Ce qui fait que pour chacun de mes ancêtres, j’essaie de trouver l’ensemble des enfants et leur éventuel mariage et l’ensemble des petits enfants.

Ça me prend beaucoup de temps, j’essaie de croiser les sources (registres d’état civil, recensements…) pour être le plus exhaustif possible.

Je me sers des sites de partage de généalogie (Geneanet, Filae) pour trouver des pistes.

Et pour le coup, je dois avouer que l’indexation des registres effectuée par Filae, même si c’est loin d’être parfait, m’aide beaucoup.

Mais je trouve ce travail de recherche extrêmement passionnant !

Et je trouve des choses parfois surprenantes : par exemple, j’ai découvert qu’un frère d’un ancêtre de maman avait épousé la nièce d’un ancêtre de papa !

Mais du coup, il y a un moment que je ne suis pas remontée dans le temps. Du côté de mon mari, je n’ai dépassé la révolution sur aucune des branches.


Mais comme je le disais dans un précédent billet, les ancêtres m’attendent tranquillement, j’ai tout le temps de les trouver un jour !

dimanche 29 octobre 2017

Dis Jacques, pourquoi t’appelles-tu Jean Louis ?

Je vais vous soumettre aujourd’hui un petit casse-tête et essayer de démêler la pelote que représente la famille de Jacques LABAUNE dit Jean-Louis.

J’avais déjà reconstitué sa famille à l’aide des registres d’état civil et ça me paraissait limpide mais comme les recensements sont en ligne sur le site des archives de Saône-et-Loire, j’ai décidé d’aller voir et reconstituer son parcours.

Et là, c’est devenu tout à coup beaucoup moins limpide !

Pour essayer de faire clair, je vais dérouler sa vie chronologiquement.

Toutes les communes nommées se situent en Saône-et-Loire.


26 avril 1814 : Jacques naît à Saint Vincent Bragny, il est le fils de Pierre et Benoite FAYOLLE.

2 juillet 1839 : Jacques se marie avec Charlotte RENAND à Bragny-en-Charollais .

2 juin 1840 : son fils Louis vient au monde à Bragny-en-Charollais (il s’appelle toujours Jacques mais ça ne va pas durer!)

26 juillet 1841 : il apparaît sur le recensement de Bragny-en-Charollais, il vit avec sa femme chez ses parents. Il est appelé Jean Louis.

Première interrogation : où est Louis ? Il n’apparaît pas sur le recensement, est-il en nourrice ? Oublié par l’agent recenseur ?

6 mars 1842 : son fils Claude naît à Saint-Vincent-Bragny, il est nommé Jean-Louis

15 février 1846 : son fils François naît à Volesvres, il est nommé Jean Louis et alors qu’il était jusqu’alors cultivateur, le voilà charron.

3 juillet 1846 : il est recensé à Volesvres avec sa femme et ses 3 fils Louis 6 ans, Claude 4 ans et François 4 mois. Il est indiqué qu’il est charron et s’appelle toujours Jean Louis.

17 juillet 1849:Gilbert naît à Saint-Vincent-Bragny, il se nomme toujours Jean-Louis et est charron.

13 février 1851 : Antoine voit le jour à Saint-Vincent-Bragny et mon ancêtre est appelé Louis.

15 avril 1851:il est recensé à Saint-Vincent-Bragny toujours sous le prénom de Jean Louis avec sa femme et 4 fils : Louis 11 ans, Claude 9 ans, François 5 ans et Antoine 3 mois.

Interrogation : où est Gilbert ? Il a 2 ans, pourquoi n’est-il pas avec ses parents et ses frères ? Je sais qu’il n’est pas décédé puisqu’il se mariera en 1872.

21 août 1851 : décès de Antoine âgé de 6 mois

28 mai 1853 : sa première fille Claudine vient au monde à Saint-Vincent-Bragny.

14 mars 1855 : c’est au tour d’André (mon ancêtre) de naître à Saint-Vincent-Bragny. Il s’appelle toujours Jean-Louis et il est dit « cultivateur à Clessy ».

1856 : il n’apparaît pas dans les recensements de Saint-Vincent-Bragny, ni de Bragny-en-Charollais, ni de Grury, ni de Clessy.

Interrogation : où est la famille ? Je dois continuer à écumer les communes alentour pour essayer de les trouver.

29 janvier 1861 : Claude n°2 naît à Grury

15 mai 1861 : il apparaît avec sa femme dans les recensements de Grury, sous le prénom de Jean Louis. Il habite avec Louis 20 ans, Claude 19 ans, François 15 ans, Gilbert 12 ans, Claudine 9 ans, Jean Marie 5 ans et Claude 4 mois.

Interrogations : Où est André qui a 5 ans ? Qui est Jean Marie ? Est-ce que Jean Marie = André ?

5 septembre 1862 : sa deuxième fille Marie naît à Grury.

31 août 1863 : son fils aîné Louis (23 ans) se marie à Grury avec Reine SOEUR (20 ans). Le temps de ce mariage, il redevient Jacques, il habite toujours à Grury.

9 avril 1866 : Claude l’aîné (24 ans) se marie à Uxeau avec Jeanne LOCTIN qui a seulement 14,5 ans. Redevenu Jean-Louis, mon ancêtre habite à Issy-L'Évêque.

15 juin 1866 : c’est l’heure du recensement, toujours prénommé Jean Louis, il vit à Issy-L'Évêque avec sa femme. Sont recensés avec lui : Louis 25 ans avec sa femme, Claude 23 ans avec sa femme, François 20 ans, Jules 17 ans, Claudine 12 ans, Jean Marie 11 ans, Jean 5 ans et Marie 4 ans.

Interrogations :d’où sort Jules qui n’était pas là au recensement de 1861 ? Où est Gilbert ? Est-ce que Gilbert = Jules ??
Toujours pas de André mais ce Jean Marie du même âge.
Et Jean, je ne le connais pas et il manque Claude le cadet. Est-ce que Claude n°2 = Jean ?


14 mai 1871 : recensement à Issy-L'Évêque : toujours Jean Louis avec sa femme et 6 enfants : François 26 ans, Jules 23 ans, Jean Marie 17 ans, Claudine 14 ans, Jean 11 ans et Marie 10ans.

Interrogations :Ce Jules dont j’ignore tout est toujours là, de même pour Jean
Pas de Gilbert, ni de Claude n°2. Toujours pas de André mais toujours ce Jean marie

30 septembre 1885 : Jacques, dit Jean Louis, LABAUNE décède à Issy-L'Évêque le , son décès est enregistré sous le nom de Jean Louis.



Voilà aujourd’hui où j’en suis, je continue mes recherches (recensements, mariage des enfants...) mais en l’état actuel des choses, je présume que :

- Gilbert = Jules

- André = Jean Marie

- Claude n°2 = Jean


Pour mon ancêtre, son prénom d’usage était donc Jean Louis alors que son nom officiel de l’état civil était Jacques.

A noter aussi que si sa femme Charlotte est nommée RENON sur quasiment tous les actes, il est indiqué sur les actes de mariage de Marie et d’André : « c’est par erreur que le nom de la mère est écrit Renon au lieu de Renand son véritable nom patronymique ».


C’est ainsi que dans mon arbre, contrairement à tous mes cousins « généalogiques » trouvés en ligne, j’ai nommé mon couple « Jacques LABAUNE et Charlotte RENAND » au lieu de « Jean-Louis LABAUNE et Charlotte RENON ».


La fiche Geneanet de Jacques LABAUNE.

Sources : site des archives de Saône-et-Loire

mercredi 18 octobre 2017

Le mystère Jacques LESECQ (suite)

L'année dernière, je vous avais parlé de Jacques LESECQ dont le décès était introuvable dans les registres en ligne bien que ses date et lieu de décès soient indiqués dans les actes de mariage de ses filles.

J'ai profité d'un de mes passages dans la région de Messei pour passer à la mairie : les registres étant tenu en double exemplaire, peut-être avait-il été oublié dans celui transmis aux archives mais présent dans celui resté en mairie.

Mais malheureusement pour moi, pas plus de décès de Jacques LESECQ dans les registres en mairie que ceux en ligne...

Mais mon passage en mairie n'est pas totalement vain car j'ai trouvé ce petit bout de papier dans le registre, inséré à la page des tables décennales de l'année de son décès :
Il y est écrit "Jacques Le Sec fils Jacques et d'Anne Hesnard décédé le .... âgé de 37 ans et enterré le 29 7bre".

J'ai donc sa date d'inhumation mais toujours pas de date de décès "officielle"...

Du coup, le mystère s'épaissit : Pourquoi ce papier ? Pourquoi n'est-il pas inscrit dans les registres de Messei ? Est-il décédé ailleurs ? Mais alors où? Et pourquoi sur le mariage de ses filles est-il indiqué qu'il est décédé à Messei ??

Et je me dis aussi qu'il est miraculeux que ce petit bout de papier soit resté dans le registre sans être perdu pendant plus de 192 ans .

Il m'est alors venu à l'idée de consulter les registres paroissiaux puisque j'ai sa date d'enterrement.

Fébrile, j'ai écrit un courrier aux archives diocésaines pour avoir son acte d'inhumation et après quelques mois d'attente, la réponse est tombée :
 Arrghhhh..... je n'aurai pas de réponse de ce côté-là!

Me voilà donc dans une impasse...

Peut-être que j'aurai une chance d'en savoir plus avec les archives notariales et notamment sa succession...

Encore faudra-t-il que ces actes existent...

Donc toujours pas de réponse pour le décès de mon Jacques, peut-être n'en aurai-je jamais...

dimanche 6 août 2017

Le jour où une signature a débloqué une branche !

Dans la généalogie de mon mari, j’ai trouvé une enfant naturelle. Rien d’extraordinaire à ça, j’en ai un certains nombre dans ma généalogie.

Le problème, là, c’est que je n’avais pas le moindre indice sur son ascendance, si ce n’est le nom de sa mère.

Bien souvent, sur les actes de naissance des enfants naturels, c’est un aïeul de l’enfant, grand-père ou grand-mère, qui déclare la naissance et donc, donne un morceau d’ascendance. Parfois, il est précisé que l’accouchée est « fille de » et on a le nom du grand-père.

Là, rien, aucun lien n’est précisé entre celui qui déclare la naissance et l’accouchée, l’âge de cette dernière n’est même pas mentionné. Aucun détail non plus sur le lieu où elle accouche : il est en effet parfois indiqué que la mère a accouché « au domicile de son père » ou « au domicile de sa mère »...

Sur l’acte de mariage de sa fille, la seule précision est sa profession et son domicile. 
J'aurai pu trouver un indice du côté des témoins au mariage mais aucun lien de parenté, les 4 témoins étant des amis du couple.

Je savais donc juste que Alexandrine Stéphanie COTÉ née le 9 avril 1826 à Tancarville était la fille de Marie Magdeleine Désirée COTÉ, fileuse de métier et domiciliée à Saint Vigor d’Ymonville le 29 novembre 1845, date du mariage de sa fille. L'âge de Marie Magdeleine Désirée n'étant mentionné ni sur l'acte de naissance de sa fille, si sur l'acte de mariage, je n'avais même pas estimation de sa date de naissance.
J'avais épluché les tables décennales de Tancarville et Saint Vigor d'Ymonville sans trouver trace de son décès.

J’en étais donc là depuis 2008 !!

Puis récemment, j’ai repris cette branche et ayant un abonnement premium à Geneanet, j’ai fait une recherche avec le nom de Marie Magdeleine Désirée COTÉ.

Et là, je tombe sur un mariage à Oudalle en 1831.

Mais comment prouver qu’il s’agit bien de la même personne puisque je ne sais quasiment rien de celle que je cherche, si ce n’est sa profession. Profession qui correspond mais les « fileuses » étaient légion à l’époque...

Trois prénoms identiques me poussent quand même à penser que c’est la même personne mais rien n’est sûr...

Et tout à coup, j’ai comme une illumination : et si je regardais les signatures ?

Encore faut-il qu’elle sache signer...

Je vais donc voir le mariage de sa fille et eurêka, elle signe.

Voici donc les 2 signatures : la première sur l’acte de mariage de sa fille en 1845, la deuxième sur son propre mariage en 1831.

Signature de Marie Magdeleine Désirée COTÉ sur l'acte de mariage de sa fille en 1845
Signature de Marie Magdeleine Désirée COTÉ sur son acte de mariage en 1831
Et là je dois dire que le faisceau de présomption est plus que convaincant et qu'il s'agit bien de la même personne!

En résumé, quand on compare les 2 actes :
- même nom et mêmes 3 prénoms
- même profession
- lieux géographiques proches
- même signature

Sur son acte de mariage en 1831, j'apprends qu'elle est veuve et que son premier époux est décédé en 1820. Il me faudra essayer de trouver ce mariage pour pouvoir comparer une troisième signature! 

J'ai donc maintenant le nom de ses parents, le nom d'un premier époux, ses date et lieu de naissance, de quoi poursuivre mes recherches!


L’état de mon arbre avant mes découvertes :

Marie Magdeleine Désirée COTÉ (?-?) – sosa 327
Alexandrine Stéphanie COTÉ (1826-?) – sosa 163
Blanche LECORDIER (1856-?) – sosa 81
Léon Henry DESHAYES (1876-?) – sosa 40
Henri Georges Maurice DESHAYES (1910-1968) – sosa 20
Le grand-père de mon mari – sosa 10
La mère de mon mari - sosa 5
Mon mari – sosa 2
Mes filles – sosa 1





dimanche 16 juillet 2017

#RDVAncestral – Rencontre avec Catherine JEHAN

Le rendez-vous ancestral (#RDVAncestral) est un rendez-vous mensuel initié par le généalogiste professionnel Guillaume Chaix. Il a lieu tous les troisièmes samedi du mois et consiste en l’écriture d’une rencontre avec l’un de nos ancêtres.

Aujourd'hui, nous allons dans l'Orne, à Flers au hameau des Basses Folletières.


Je quitte Flers par la route d’Echalou. Je ne reconnais pas grand-chose...

Moi, ici, j’y connais des pavillons, des « HLM », le « blockhaus », surnom donné au centre des impôts par les habitants du cru...

Là, ce ne sont que des champs, le bourg de Flers est déjà loin derrière moi en ce jour d’août 1840.

Je reconnais quand même la route : je quitte la route d’Echalou et bifurque à gauche vers le hameau des Basses Folletières.

Le paysage est typique du bocage : chemin creux, haies boisées, petits champs...

Chemin creux tel que je l'imagine à l'époque - photo personnelle

Les moissons sont en cours, là, il ne reste que les chaumes dans le champ, des femmes et des enfants glanent, plus loin, les demoiselles* récemment confectionnées attendent qu’on viennent les chercher avec une charrette à heutiers*.
Jean François MILLET - Les Glaneuses

Dans le champs d’à côté, des hommes sont occupés à faucher le blé à l’aide de grandes faux. Un grand voile fixé sur ces dernières permet de rassembler les épis en un tas au fur et à mesure de la coupe. Les femmes et les enfants suivent les hommes pour confectionner les gerbes et former les demoiselles.

Je continue à descendre la route, les champs deviennent des près, plus humides. Là, les belles vaches normandes sont rassemblées à l’ombre de la haie.
Vaches normandes - google images


J’approche de la ferme de Louis HUET, le fils de Catherine JEHAN que je dois rencontrer.

Catherine est née le 2 février 1756 à Flers et en cet été 1840, elle a donc 84 ans. J’espère qu’elle sera en mesure de me parler.

Les maisons d’habitations bordent la route. Les bâtiments de ferme, granges et étables, sont répartis aux alentours et entourés de vergers.

J’entends un bruit régulier, je continue de progresser : j’arrive sur une aire de battage aménagée devant une grange. Des hommes manient le « fiau »* en cadence. Ils sont en pantalon et chemise, une large ceinture de flanelle entoure leur taille. Tous sont chaussés de sabots de bois. Ils sont trop occupés pour faire attention à moi.

Un peu plus loin, des femmes s’affairent à dresser une table à l’ombre des poiriers. Les travailleurs auront bien mérité leur pitance.

J’aperçois enfin Catherine, elle est assise sur un banc à l’ombre d’une haie de lauriers. 
C'est un peu ainsi que j'imagine Catherine - google images


Elle est vêtue d’une jupe sous laquelle on devine des jupons et d’une chemise sur laquelle elle a enfilé un caraco. Une coiffe simple cache complètement ses cheveux, ils sont probablement tirés en un chignon strict. Son visage est parcouru de rides profondes. Malgré la température très clémente, un fichu couvre ses épaules.

Elle me sourit et m’invite à m’asseoir auprès d’elle. Elle a l’air d’avoir encore l’esprit bien vif pour ses 84 ans.

- Il me semble que tu viens de bien loin, mais je n’ai pas bien compris qui tu étais...

- Ça n’a pas grande importance, je suis juste heureuse de pouvoir discuter avec vous, de parler de votre famille, vos parents, votre époux, vos enfants....

Elle a le regard vague tout d’un coup..

- Ah, mon époux, il y a bien longtemps qu’il n’est plus... Il était encore bien jeune quand il est décédé...

- Oui, il n’avait que 34 ans

- Oui... Il m’a laissée seule avec nos 3 petits, ils avaient tous les 3 moins de 5 ans.

Marie Catherine est l’aînée, elle ne s’est jamais mariée. Elle a presque 60 ans maintenant. C’est elle là-bas qui apporte les terrines de pâté. Elle s’occupe bien de moi, elle est dévideuse*, comme je l’étais avant, mais mes pauvres mains ne me permettent plus les travaux trop précis.

Elle me montre ses mains déformées pas l’arthrose.

Ensuite, il y a Louis François. Tu as du l’apercevoir tout à l’heure, il dirige les batteurs, il a encore beaucoup de vigueur malgré son âge, lui aussi approche des 60 ans...

Et enfin ma petite Françoise.

Elle sourit et reprend : enfin, ma petite qui a 55 ans ! Elle avait à peine un an quand son père est mort... Elle aussi est dévideuse. Elle vit au village du Hazé avec son mari.

- Vous ne vous êtes jamais remariée ? Vous étiez pourtant jeune, tout juste 30 ans...

- Non, mais tu sais, je ne me suis jamais sentie seule. Au village ici, il n’y a quasiment que la famille, j’ai toujours été bien entourée et aidée.

Elle se tait... On dirait que la conversation la fatigue...

Un peu plus loin trois enfants jouent.

- Ce sont vos petits-enfants là-bas ?

- Oui, ce sont les enfants de Louis. Ce sont les plus petits, les plus grands aident leurs parents. Il y a Victoire, elle a 8 ans.

- C’est mon ancêtre !

Elle me regarde d’un air intrigué mais ne relève pas et poursuit :

- Elle s’occupe de Vincent, il a 6 ans et de Marie qui a 3 ans. Ça libère un peu sa mère, ma bru : les journées de battage sont de grosses journées, les voisins viennent aider et il faut nourrir tout le monde.

- Regarde la belle jeune fille qui aide à préparer la table, c’est Joséphine, elle a 19 ans. Julien et Jules doivent être en train d’aider leur père. Ils ont 22 et 13 ans.

- 6 enfants, ça fait une belle famille !

- Neuf !

- Comment ?

- Neuf enfants, ils ont eu 9 enfants mais Dieu est venu leur en prendre 3... la petit Marie Joséphine n’a vécu que 12 jours, c’est leur première perte... Puis ils ont perdu le petit Louis, il avait 3 ans et demi et Ambroise qui n’avait que 2 ans...

- Vous avez d’autres petits enfants ?

- Oui, Françoise a 4 enfants. Enfin, maintenant 3... Jacques est mort il y a 3 ans, il avait 16 ans... Au moins, moi, je n’ai jamais eu à connaître la douleur de perdre un enfant.

Elle se tait, passe sa vieille main ridée devant ses yeux. Je la sens de plus en plus fatiguée.

Joséphine se dirige vers nous : « Comment allez-vous grand-mère ? »

- Je suis fatiguée, raccompagne-moi chez moi !

Les 2 femmes s’éloignent, la plus jeune soutenant l’aïeule et accordant son pas à celui de la veille femme.

Je décide de repartir. Je croise les hommes qui ont fini leur labeur pour aujourd’hui. Ils se dirigent vers le puits pour se rafraîchir et faire disparaître la poussière qui leur noircit le visage et les bras.

Les plats consistants préparés par les femmes ainsi que le cidre fraîchement sorti de la cave leur fera du bien.

Demain, après une nuit d’un sommeil lourd, ils iront chercher aux champs les dernières gerbes qui y sèchent depuis quelques jours et recommenceront le battage.

Puis viendra le temps du vannage : je ne sais si Louis avait déjà investi dans un tarare*, récemment inventé, ou si le vannage se faisait encore manuellement, par jour de grand vent.

Je reprends la route vers Flers, je croise des femmes revenant de la traite, 2 channes* pendent lourdement de part et d’autre du joug* sur les épaules de l’une, l’autre porte les siaux* et seilles* qui leur ont servis pour la traite.
Julien DUPRE


Le jour décline doucement, la température est agréable pour la promenade.



Glossaire et sources :


Un grand merci à mes parents pour le vocabulaire local et pour l’explication du déroulé des moissons.

demoiselles : les gerbes étaient posées verticalement 4 par 4, puis une cinquième était posée à l’envers au dessus pour former un « toit ». C’est cet ensemble qui était nommé « demoiselle ». Elles pouvaient rester une dizaine de jour dans le champ avant d’être ramenées à la ferme.

charrette à heutiers : les charrettes avaient des échelons devant et derrière, elles pouvaient être équipées de réhausses de chaque côté qu’on appelait « heutiers ».
Charette - google images


fiau : nom local du fléau  wikipédia

dévideuse : http://www.du-cote-de-chez-nous.net/article-devideuse-122822715.html

tarare : http://jeanpierrejeannin.fr/articles/9-pantheonesques/14-le-tarare-ou-machine-a-fabriquer-le-vent

channe : récipient pour transporter le lait http://www.objetsdhier.com/fr/Aff.php?select_nom=164

joug ou porte seaux : il doit y avoir un nom local mais j’ai oublié de demander à mes parents! http://www.objetsdhier.com/fr/Aff.php?select_nom=115

siaux : non local de seaux

seille : petit tabouret en bois à 3 pieds aussi appelé selle.
google images





Données généalogiques :

Catherine JEHAN est née à Flers (61) le 2 février 1756 de Pierre JEHAN (1727-1811) et de Anne Marie Thérèse HALBOUT (1735-1801) qui se sont mariés à Flers le 23 janvier 1755

Elle est l’aînée d’une fratrie de 10.

Le 16 septembre 1780, elle épouse à Flers, Pierre HUET né le 16 octobre 1751 à Saint-Clair-de-Halouze, fils de Jean et de Françoise ROUSSEL.

Ils ont 3 enfants : Marie Catherine (1781), Louis François (1783, mon ancêtre) et Françoise (1785).

Son époux décède le 7 janvier 1786 âgé de seulement 34 ans.

Elle lui survivra bien longtemps puisqu’elle décède à 87 ans le 5 mai 1843.

Marie Catherine ne se marie pas et décédera célibataire à 76 ans le 14 décembre 1857.

Louis François épouse Marie Anne LEPRINCE (1794-1869) le 5 novembre 1817 à La Chapelle-Biche (61), il a 34 ans, elle en a 22. Ils auront 9 enfants entre 1818 et 1837. Il décède à 90 ans le 28 juillet 1873.

Françoise épouse à Flers le 4 mai 1809 Jacques Julien JEHAN (1780-1864). Je ne sais pas encore si Jacques Julien est apparenté à Catherine. Ils auront 4 enfants entre 1813 et 1824. Elle décède à 75 ans le 7 février 1860.

J’ai consacré la lettre K de mon challenge AZ à Catherine.


Catherine JEHAN (1756-1843) – sosa 229
Louis François HUET (1783-1873) – sosa 114
Victoire Angélique HUET (1832-1905) – sosa 57
Victor Jules JARDIN (1862-1931) – sosa 28
Paul Victor Émile JARDIN (1904-1968) – sosa 14
Ma maman - sosa 7
Moi – sosa 3
Mes filles – sosa 1



Pour finir, petite épine : le 27 juin 1828 à Flers est déclaré le décès de Louis HUET fils de Louis François et de Marie Anne LEPRINCE. Il est dit âgé de 9 ans. Seulement en 1828, leur fils Louis Victor a seulement 3 ans, c’est leur fils Julien qui a 9 ans. Alors ? Est-ce bien Louis qui est décédé mais les témoins se sont trompé sur son âge ou est-ce Julien et les témoins se sont trompés sur le prénom ? A moins de trouver un éventuel mariage ou un décès de l’un ou de l’autre, ça reste un mystère...